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Tome troisieme.
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LA FEMME ADULTÈRE.

longue en véritable catastrophe pour son époux. Un des effets les plus lugubres etles plus déplorables de la littérature moderne, et nous avons tous contribué à cedésordre, il faut en convenir, c’est qu’elle a peuplé la France d’une foule de femmes■ncomprises, que leurs maris arrivent à ne comprendre que trop. La femme dontnous venons de tracer le portrait, soit qu’un intérieur pénible, ou qu’un désen-chantement imaginaire l’ait rendue infidèle, conserve une apparence de réserve etde candeur.

La seconde catégorie renferme la femme dont le manque de foi est inexcusable, lafemme adultère par excellence. La trahison est pour elle une occupation d’esprit, unbesoin de ruse, d’activité, de mouvement, un véritable plaisir. La créature décevantedont parle Figaro et de qui l’instinct est de tromper, se montre ici dans tout son éclat.Recevoir des billets galants, en écrire, se ménager des rendez-vous, courir millerisques, compromettre jusqu’il sa vie, voila un jeu pour son génie inventif. La vanitéla guide la plupart du temps. Elle aime a ravir, par exemple, a une de ses amies (carre sont ses amiesqu’elle choisit de préférence pour victimes) les attentions d’un hommea la mode ; elle est tranquille sur le résultat de ses amours. Sa progéniture, quellequ’elle soit, est traitée également; la meme indifférence, la même négligence règnePour tous. Une nourrice élève ses enfants jusqu’au moment ou le collège les reçoit.La sécheresse de l’esprit a remplacé les entraînements du cœur et les erreurs de l’i-magination. Elle admet avec une facilité extraordinaire les paradoxes au moyen des-quels on a essayé de justifier les atteintes portées au mariage ; elle s’en amuse avecses amants. On lui accorderait plusieurs maris, comme a certaines femmes de l’Asie ,que cela ne la satisferait pas. L’intrigue n’y serait plus, c’est l’intrigue qui lui plaîtavant tout.

Comment déterminer d’une manière précise la variété qui comprend la troisièmeeatégorie de notre division? Il est encore de nos jours plus d’une Abisag , viergecharmante condamnée a la couche de quelque David énervé; il est des Héloïses ren-fermées dans le sanctuaire conjugal, ainsi que dans un cloître austère, et forcées derevêtir leur corps jeune et ardent, du cilice de la mortification. Combien enfin debelles (leurs, l’amour et le désir des jeunes gens, qu’on voit flotter sur la surface dumariage, ainsi que des nénuphars sur des eaux solitaires et tièdes ! Ces belles mariées,sans maris, vivront-elles toujours dans un veuvage auquel la loi actuelle les en-chaîne impitoyablement? Non, assurément! Elles trancheront le nœud gordien avecl’épée d’Alexandre ! A-t-on trop le droit de les blâmer !

L’adultère est un canevas qui est le même partout, mais que chaque pays brode àsa façon. Nulle part il ue s’étale avec plus de liberté qu’a Paris . Voila sa patrie.Si l’adultère n’avait pas existé depuis la création, Paris l’aurait inventé. C’estl'a qu’il est à l’aise, qu’il se pavane, et qu’il relève sa tête, humblement baissée enProvince. Vous le voyez marcher bras dessus, bras dessous avec le mariage, qui lui sertquelquefois de patron ; vous le coudoyez a chaque pas que vous faites sur les bou-levards; il vous couvre de flots de poussière au Bois ; il s’accoude sur le veloursde la meilleure loge de nos théâtres; il affectionne surtout le drame modernecréé en son honneur ; il sépare la femme du mari auquel il envoie des lettres do