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I.’IIUMM K DU PEU PL K.
croit que l'homme du peuple va venir enlever ses caisses de rubans ou ses sacs decafé ; il se verrouille , s’arme et fait sentinelle derrière la porte ; le boulanger craintpour son pain , le marchand de vin se fortifie dans sa cave. Aucun pillage n'a Ü eU ;
mais cette même crainte fera prendre les mêmes précautions quelques jours apres-
Cependant, vous , marchand de vin ; vous, marchand de café ; vous, marchand debas; vous, marchand de tissus, n’êtes-vous pas sortis du peuple? n’en êtes-vouspas ou par votre père , ou par voire aïeul, ou par votre grand-aïeul, qui n’a eteanobli ni par Clovis, ni par Ifugues-Capel, ni par Louis XIV , et qui ne s’est trouve -soyez-en sûrs, ni h Taillebourg ni à Marignan ? Vous vous exagérez en vérité votreimportance , le nombre et la cruauté de vos ennemis. L’homme du peuple est un pa-renl inconnu qui préférerait attendre vos biens, s’il y avait quelques prétentions,de votre belle mort, que de vous les prendre comme un voleur. 11 s’établira d’aillem»un jour sans violence a côté de vous, porte a porte, de même que vous , sans violencesur les habitants , par votre conduite , par votre numéro d’ordre et quelques petitesémeutes aussi sous Charles VI , au temps des Bourguignons et des Armagnacs , sous lareine Anne d’Autriche et le cardinal Mazarin , sous Louis XVI , avez de père eu fdsobtenu , en les demandant un peu haut dans les rues de la bonne ville de Paris ,des franchises , des privilèges et enfin des droits. Si vous saviez combien vous avez etctéméraires autrefois ! je vous étonnerais si je vous le disais. Non ! vous n’avez aucuneidée du courage que vous montriez dans les chausses et dans les souliers de vos an-cêtres. Entre nous, vous avez été d’une hardiesse qui vous fera frémir si, comme jen’en doute pas, vous appartenez a cette heure au corps si pacificateur de la garde na-tionale. Mettait-on un impôt trop fort sur le sel ? vous sortiez bannière de la corporationen tête pour aller hurler des injures sous les croisées du ministre, le menaçant d’incen-dier Paris si l’impôt n’était pas'retiré. François P 1 ', captif a Madrid , exigeait-il de vous-petit peuple, une part de sa rançon, vous réclamiez en échange au parlement le privileg ed’ouvrir deux foires de plus par an a Saint-Denis . 11 n’est pas une des facilités dontvous jouissez maintenant, avantages effacés par une longue possession, que vosaïeux n’aient demandée par les cris de l’émeute, n’aient saisie avec les grillade la rébellion. Pour avoir le droit de peindre sur leur enseigne l'image de sain 1Louis, lu belle Image, l'image de Notre-Dame, le llenard vert, le Chien rouy e >le Chat gui peloite, la Truie gui file, l’Y grec, vos ancêtres se sont soulevés auxquatre coins de Paris ; ces enseignes sont leur blason ; il y a de leur sang! Altesses, saluez •Le privilège de déployer un auvent leur a coûté plus de vingt ans d’émeutes ; émeute»pour tenir la porte de leur boutique ouverte jusqu’à huit heures du soir ; émeutes po ulque les monnaies des ducs de Bretagne , des ducs de Bourgogne et de tant d’autres ducsn’eussent pas cours forcé à Paris ; émeutes pour que le roi lui-même n’altérât pas les va-leurs monétaires ; émeutes pour obtenir chacun des nombreux instruments de votrecommerce : la balance, le fléau, l’aune, le boisseau, la sonde, les poids ; ah ! vous avezété bien révolutionnaires alors dans la peau de l’homme du peuple , ou vous êtes bientimorés aujourd’hui sous l’habit d’électeur, de conseiller municipal et d’éligible. Soyezfiers de votre nouvelle condition , vous l’avez assez durement gagnée de race en racepour en tirer de l’orgueil; mais n’oubliez pas, dans l’ivresse de votre affranchisse-