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Tome troisieme.
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1/HO MME DU PEUPLE, 277

■Ueui , que vous êles les mulâtres d’une caste dont l’homme du peuple est lenègre.

Un travail curieux , patient, difficile mais non impossible a faire ; serait celui quiconsisterait à tracer, a l’aide de documents les moins suspects de paradoxe , la lignemflexible parcourue par le peuple depuis l’établissement de la féodalité en France jus-qu'à nos jours. Rien dans ce tableau généalogique ne devrait être le produit de l’induc-Hon ou de la poésie. Le fait s’emboîterait dans le fait étroitement, mathématique-ment; et par là on se démontrerait avec l’autorité d’une opération algébrique quece que nous nommons le peuple se compose de couches successives de générationsJe plus en plus dégagées de l’esclavage originel, à la suite de causes diverses : ces ont ces causes qu’il faudrait énumérer sans en omettre une seule. On aurait ainsiune histoire et une démonstration , ou plutôt on aurait la démonstration par l’his-loire même.

Comme il n’est plus permis, dès que l’intelligence a été éclairée par les faits, derepousser une conviction , fût-elle pénible , on accepterait avec une franche abnéga-tion tout ce qui doit être dit sur le peuple. De tels travaux demandent l’œil pénétrantet les ailes nerveuses de l’aigle ; et nous n’avons pas même l’espace qu’il possède encommun avec la mésange.

Autrefois, et ce mot signifie dans notre esprit bien des siècles écoulés avant le on-zième siècle, le peuple n’affectait pas de forme appréciable sur la surface mal li-mitée du sol qui le portait sans le contenir. A nettement parler, il n’y avait pas dePeuple, mais des masses de population. Ces flaques d’hommes non encaissées ten-daient cependant à s’écouler vers deux points qui devaient devenir deux sommets,deux centres de réunion. L’un de ces deux sommets était la flèche du château , l’autrela pointe du clocher. Le château renfermait le seigneur, l’église abritait l’évêque.Quand ces deux pouvoirs se manifestèrent à l’occasion d’un événement dont l’in-fluence fut universelle , les serfs furent ralliés sous une bannière à la fois militaire etreligieuse , et ils marchèrent à la conquête de la Terre-Sainte, à la voix de la prédi-cation qui faisait un instant tous les hommes frères , et à la lueur des combats qui lesrendaient tous égaux par la mort. Tel seigneur qui alla a Jérusalem n’en revintPlus ; tel serf qui se battit sous Antioche rentra dans sa paroisse avec la gloire duretour, l’or de la conquête , la pensée vague que des chrétiens pourraient bien s'af-franchir chez eux quand il n’était pas impossible de délivrer uu tombeau si loin ! Lacroisade fut un œuf qu’un coup de lance brisa : il contenait un germe qui était le com-merce , premier âge de toute liberté, premier nom qu’elle prend.

Depuiscelte époque et de règne en règne, cette chose inconsistante qui ne s’ap-pelait pas encore le peuple, tendit de plus en plus à s’unir et à se solidifier sans avoirla conscience de son travail de cohésion. L’humanité, comme la terre, a ses lois ma-gnétiques et ses deux pôles.

Philippe-Auguste, Louis VIII, saint Louis, Charles Vil, Louis XI , lui donnèrentensuite, du onzième au quinzième siècle, la mesure de sa puissance, comme nombre,dans les questions de force. Les uns employèrent le peuple comme un instrument deconquête, les autres comme un instrument de vengeance. Avec l’aide du peuple, les set-