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Tome troisieme.
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I. HOMME DU PEUPLE.

tandis que d’autres balayeurs, caches dans la terre, conduisent cette boue il bon P 01 *jusqu’à la Seine . Parmi cette funèbre légion, il y a des hommes jeunes, des vieillards,comme Fénelon aimait à en voir se promener dans Salenle, de pauvres filles qui 11111été bien jolies quand elles étaient toutes petites. Triste spectacle 1 Los marchés de Paris s’alimentent ; les trésors des campagnes arrivent. Le froid n’est pas un obstacle à l’ap-provisionnement de la grande ville; que de légumes odorants! que de racines savou-reuses! que de beaux fruits passent dans des hottes d’osier entre ces balayeurs, et lescoudoient, comme pour les narguer! Ils s’écartent et ne volent pas.

Autre cercle de l’enfer. Sept heures sonnent ; à chaque angle débouchent des groupesrapides ; il en sort de pa 'e ce côté-ci et de l’autre côté de la Seine ; ce sont lesabeilles de l’industrie, les deux cent mille ouvriers de Paris . La journée va commencerpour eux. 11 est sept heures, elle finira à huit heures du soir. Peu ont des bas, pasun n’a de manteau. Pour trente sous, pour moins, pour quinze sous, pour moins,pour dix sous, ils vont donner goutte à goutte treize heures de leur vie, qui aprestout, se compte par pulsations comme celle du plus riche des banquiers. Que Paris

se ' ' ' déjà avec séduction sur les deux côtés de leur chemin ! Quel opulent lever !

Le drapier déroule sous leurs yeux l’étoffe douce au toucher, belle au regard, chaudeà contempler ; le marchand de soieries étale ses brocards, ses lampas, ses satins, aQuelques pouces de leurs frileuses guenilles ; le bijoutier expose à sa montre l’épin-gle de rubis, le bouton de diamants, destiné à luire dans les plis de la chemise Jebatiste, devant eux qui n’ont pas toujours de chemise ! Magnauimité de la pauvreté !Ces soieries, ils les ont brodées ; ces draps, ils les ont teints ; ces boutons, ils les ontciselés ! Ces maisons, ces palais au pied desquels ils glissent avec la moitié d’un pai"sous le bras, ils les ont bâtis pierre à pierre. Us passent et ne volent pas !

Autre cercle de l’enfer. Il est huit heures. Une façon de soleil, faux et pâteux, pa-raît comme un doute, en jetant un regard oblique sur Paris . Des nuées de jeunes□lies, marchant près de vous sans vous heurter, traversant des lacs de boue sans enavoir une tache, se rendent à leurs ateliers de modiste ou de couturière, à la mansardeoù l’on colorie des dessins, ou descendent dans la cave où l’on tresse des paniers de jonc,courent chez le cordonnier ou chez le tailleur, pour gagner avec leurs doigts bleuis dequoi nourrir, celles-ci leur père, celles-là leur mère, les unes une famille entière,dans une ville où le pain ne baisse d’un liard que pour augmenter d’un sou, où lemauvais vin indigo paie au fisc autant de droit d’entrée que le château-Laffite et lechâlcau-Margaux. Si elles sont laides, malheur ! elles ne se marieront pas; si ellessont belles, malheur ! elles ne se marieront jamais. Elles vivent jusqu’à trente ans,beaucoup traînent une existence troublée par une passion décevante dont les résultatsont aggravé leur misère, mères de famille sans famille, car enfin, mesdames, elles ont ledroit d’aimer comme vous! Un grand nombre d’entre elles se fond dans la prostitution,autre cercle de l’enfer où nous ne descendrons pas. Elles passent et ne volent pas-

Autre cercle de l’enfer : il est cinq heures du soir ; la Bourse se ferme, l’Opéra n’estpas encore ouvert, les restaurants s’emplissent. Heure rose ! heure fatale ! Pour lesuns, c’est le moment de satisfaire tous les caprices d’un appétit aiguisé, excité à plat*sir ; pour les autres, pour trente mille autres, c’est le moment de ne rien manger du