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Tome troisieme.
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LE CI1EE I)’ORCHESTRE.

épreuves de la première. La répétition est précédée pour le chef d’orchestre d’uneétude particulière et réfléchie de la partition qu’il doit mettre au jour. Cette étude,si l’auteur est vivant et présent, se fait sous ses auspices et devient souvent le textede fort épineuses discussions, oh ces deux amours-propres également irritables nepeuvent manquer de se heurter.La présence de l’auteur a la répéti tion est généralementconsidérée parle chef d’orchestre comme une éventualité d’hostilités. La limite de leursdroits respectifs n’étant pas réglée, il arrivera infailliblement, en effet, que des usur-pations auront lieu, et que ces empiétements mutuels sur une autorité mal défn» eamèneront les plus vives récriminations. De pareils conflits ont souvent eu lieu sousmes yeux, etj’ai assisté à bien des séances orageuses où les deux influences finissantpar produire un équilibre négatif, l’orchestre tombait dans lapins déplorable anarchie-« Trop heureux, le chef d’orchestre, s’il n’avait à subir que les inconvénients decet antagonisme avec l’auteur; mais il aune autre lutte bien autrement grave a soute-nir contre ses propres symphonistes, quelque sévère que soit le code disciplinaire qu’ilpeutappliquer au besoin. D’abord, nous avons a combat tre autantde prétentions, au-tant de vindicatives susceptibilités que nous comptons d’artistes dans notre orches-tre ; mais c’est surtout dans les solistes et les chefs d’attaque que notre autorité éprouvela plus vive résistance. La, nos admonitions rencontrent ou une opposition formelleou une obéissance pleine de murmures, de restrictions, et de demi-mots amers a

l’endroit de notre compétence. Du reste, comme dans toutes les institutions basées

sur le principe de l’autorité, l’orchestre est assez souvent à l’état d’hostilité en-vers son chef, et les exemples d’un constant accord entre le pouvoir et les subor-donnés, dans cette espèce de microcosme politique, deviennent de plus en plusrares. Chacun se réfugie dans le sentiment exagéré de sa valeur, comme dans unasyle inviolable ; aussi notre juste sévérité est-elle traitée de tracasserie, de mauvaisvouloir ou de tyrannique exigence. Si l’on veut bien admettre en principe noir eaptitude aux fonctions dont nous sommes investis, on nous Soumet, en revanche, aune critique de détails qui ne nous fera grâce.d’aucune erreur, d’aucune distraction-« Nos rapports avec le personnel de l’orchestre, en dehors des relations officielles,sont surtout sévèrement contrôlés. Nous abstenons-nous de toute intimité dans l’in-térêt de la discipline et de notre autorité, nous sommes jugés; il est évident qu’il ya en nous une tendance aristocratique. Manifestons-nous quelques prédilections ,elles sont taxées d’injurieuse préférence. Nous plaçons-nous sous le niveau d’une sortede camaraderie familière et sans distinction, nous perdons nos droits au respect-« Si telle est la façon d’être habituelle de l’orchestre à notre égard, ce caractèred’hostilité instinctive que je viens de vous signaler s’aggrave dans les cas d’unemésintelligence spéciale et directe, et il ne sera pas sans intérêt pour vous, mon-sieur, d’apprendre quel est le symptôme décisif auquel il nous est facile de recon-naître que notre personnel est travaillé par un esprit de sourde rébellion. Unjour, un de mes plus honorables collègues ne fut pas peu étonné, en prenantpossession de son siège, de trouver sur son pupitre, dessinée au crayon noir, la pl usbouffonne, la plus exhilarante caricature. Son premier mouvement fut de rire etd’applaudir; mais, à une seconde inspection, il pâlit, en se reconnaissant à cer-