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Tome troisieme.
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LE CHEF I)’Oit CH ESTliF.

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douteux et critique de la vie qui est plus que la maturité, qui n’est pas encore lavieillesse. Il est colère, emporté, taquin, vétilleux, hypocondriaque, malcoiitent.Impitoyable pour les notes fausses, pour les erreurs de mesure, pour ces explosionscriardes des instruments a vent si connues sous le nom de canards, il se sert souventdes injures suivantes: Vous n’êtes pas artiste ; ou bien : allez donc à la barrière; nuencore: Vous êtes un croque-notes ou enfin: Vous feriez mieux de planter des choux( historique ). Le dimanche est le festival de mon confrère du mélodrame : cejour-l'a, on voit sa femme se développer, avec ses enfants, le long des banquettes lesplus rapprochées de l’orchestre, dans une toilette fastueuse, la montre d’or au côte,le col chargé de chaînes et de bijoux ; ce jour-l'a, notre homme jaloux de faire hon-neur à une si auguste présence, donné a ses gestes une ampleur inconnue, a sa voisdes accents plus énergiques, a son regard une sorte d’inspiration. Lui-même est engrande tenue, chargé des classiques breloques, le col de chemise aux oreilles, letoupet relevé. Mais le dimanche perd toute son importance auprès de l’immenseintérêt qu’ont pour lui les premières représentations. Ces solennités sont les grandesphases historiques de sa destinée.Des que le soleil de l’un de ces Austerlitz dramatiquess’est levé,-le chef d’orchestre sort de son lit plein d’inquiétude et d’émotion; il s’agite,marche a grands pas, ne s’exprime qu’en phrases heurtées et saccadées, bouleversetoutes les habitudes du ménage, et va quelquefois jusqu’à oublier l’heure du déjeu-ner. Si quelque ami vient le voir : « Mon cher, lui dit-il en le congédiant rapide-« ment, pardon, j’ai ce soir une pièce nouvelle. » Arrivé au théâtre vers le milieude la journée il remplit tout de sa présence; des billets! des billets! il lui faut desbillets a tous prix ; le cabinet du directeur, de l’administrateur retentissent de sesplaintes, de ses récriminations, de ses exigences. Le soir, il est le premier a son poste,gourmandant depuis le premier jusqu’au dernier arrivé de ses artistes. Enfin le ri-deau s’est levé une fois, deux fois, cinq fois. C’en est fait, le succès est complet; l asalle croule d’applaudissements et la victime ou le tyran, le coup mortel encore sai-gnant au flanc, vient proclamer 1 0 les auteurs 2° le décorateur, 5° le metteur en scène.4° le dessinateur de costumes^ 5° l’armurier (pour les pièces historiques), 6° le chefd’orchestre. Au bruit de son nom, notre héros tourne au public un visage calme, unfront majestueusement serein, puis il a hâte de revenir au logis pour raconter, aumilieu des effusions de la joie conjugale, tous les détails de sa coopération auxgrandes choses de cette soirée.

« Après le chef d’orchestre de mélodrame se présente, par ordre d’importance, E'chef d’orchestre des théâtres de vaudeville; et ici, mon cher monsieur, je m’em-presse de quitter le ton héroï-comique que supporterait mal le jeune et intéressantartiste dont je vais vous esquisser la sérieuse et noble physionomie. Celui-là, en ef-fet, monsieur, a toutes les qualités qui promettent un brillant avenir. Presque tou-jours violon lauréat de notre grande école de Paris , il est ardent, laborieux et pleinde zèle ; ce zèle, il sait le communiquer à ses symphonistes, avec lesquels il a toutesles sympathies de l’âge et du talent. Ce n’est pas lui, monsieur, qui ira puiser à cecodex musical que se font mes collègues du boulevard, en se taillant une collecti<*°d’airs choisis dans les partitions des maîtres : loin de là, il veut être original et varié-