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lient plus qu'à ses mains, ce qu'il affectionne en amateur distingué, et qu'en linconnaisseur il élalo presque avec ostentation, c’est la plus belle collection <le ftanlsqui se puisse voir. Le vrai fat se tient droit; observez qu’il n’est pas raide, et, bienqu’il sourie continuellement pour laisser voir ses dents, on comprend toutefois qu’iln’y met aucune prétention, c’est une habitude d’enfance.
Alberta un abandon et une certaine mollesse aristocratiques dans toute sa per-sonne; il est tellement sûr de plaire, qu’il ne fait aucuns frais pour cela. A son entréedans le inonde, il lui est arrivé un bonheur inouï; il a eu le malheur de perdre unefemme de réputation : un homme habile prend ses grades tout de suite à un de cesaccidents-l'a ; du reste ces heureuses infortunes sont très-rares; il est très-rare quela première passion d’un jeune homme tombe de prime abord sur une jeune fennnesimple et bonne; ordinairement les adolescents sont réservés aux douairières.
Car notez bien, je vous prie, que les femmes les plus perdues de réputa-tion ne sont pas les plus corrompues; ces dernières ne se compromettent jamais,elles filent sagement jusqu’au sommet de leur vie une kyrielle d’intrigues plus-oumoins embrouillées, qu’elles débrouillent toujours avec un art merveilleux, uneadresse qui tient du prestige. La femme qui se perd est celle qui, franche et ingénue,a mis toute son âme sur un seul et unique amour; de même que la femme qui com-met le plus d’inconséquences est sans contredit la plus pure de cœur, lien ferme»*dans sa conscience comme dans une armure impénétrable, elle se croit a l’abri destraits de la médisance ; et dans sa naïve innocence elle ne peut seulement suppose 1qu’on la soupçonne. Tout le monde sait avant elle qu’elle aime. Du reste, sachez-h’bien, ce n’est qu’à son premier amant qu’un femme se perd ; celle qui a eu assez debonheur pour dépasser sans encontre le dangereux chiffre I, «pii a atteint le > ns 'suraut numéro 2 et le consolant numéro 5, peut hardiment continuer sa galantecarrière, et devenir femme de charité à la lin, si cela lui plaît ; elle a la chance .personne n’v trouvera le plus petit mot à dire.
Pardonnez-moi celle légère digression qui m’a passé par la tête, et qui n’était pasinutile à mon sujet, comme vous pouvez vous en assurer, .le reviens’amon vrai fat, 8,1fat artiste. Il vient de lui arriver l’accident que vous savez; il s’est battu avec lemari, car le vrai l'ai est très-brave, ne vous y trompez pas. Il a heureusement etcblessé : l’amant blessé par un mari reçoit avec le coup d’épée un brevet d’intérêt qmle sert à merveille. Voyez-le opérer sa rentrée dans le monde : il est un peu pâle ; <1 1111bras qu’il remueavec peine il affecte une délicieuse gaucherie, mais comme il est bienfat alors ! Quelle modesle impertinence est dévolue sur toute sa personne! commeelle perce bien dans la timide assurance de son maintien ! comme elle luit dans sonhonnête regard ! comme elle éclate dans son silence empreint d’une douce tristesse •Il y a de l’impertinence jusque dans le mol abandon de son salut, jusque dans lacharmante hésitation de sa voix, lorsqu’il vous invite à danser, ou seulement qu’il s’ 111 'forme de votre santé. Il se pose en victime résignée ; mais suivez tous ses mouve-ments, cxaminez-le bien.
Albert vous parle et, ne vous regarde pas, ou bien il vous regarde et ue vous ré-pond pas. Vous fait-il un compliment, c’est lui qu’il mire dans une glace; vante-l-ü