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Tome troisieme.
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LE E AT.

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la perfection de voire taille, la sienne se cambre el s’assouplit ; il est toujours eu re-présentation, et, certain de l’elïét qu’il va produire, au lieu de s’en larguer et deprendre l’air superbe du conquérant, on dirait qu’il veut se dérober à son triomphe,qu’il en est embarrassé, presque humilié. Jamais ce n’est lui qui le premier invileune femme à danser. Mais voyez avec quel talent il se fait inviter : il s’approche enserpent caressant de celle qui lui plaît; il se pose devant elle-, ou s’accoude non-chalamment sur le dossier de son fauteuil ; il mâchonne quelques paroles qui se per-dent dans le bruit de la musique ou dans le brouhaha de la fête; enfin il s’attirecette phrase insidieuse qui le conduit â son but : « Est-ce que vous ne dansez pas cesoir, monsieur Albert? »

11 en est pour lui de l’amour comme de la danse; jamais il ne hasarde une dé-claration, il l’attend, il la voit venir... et c’est chose pénible et humiliante â avouer,mes jeunes et belles collègues... elle lui arrive... tacitement il est vrai, mais elle nelui en arrive pas moins... Que voulez-vous?... en général, les femmes aiment les fats !

Ah ! mon Dieu , qu’ai-je dit? en voilà assez pour me faire jeter la pierre, et lapiderpar tout le sexe en masse... N’importe, le mot est lâché, je 11e m’en dédirai pas; etbien que, lorsqu’on parle aux femmes de cette impertinente variété de l’espèce del’homme, toutes s’écrient, — moi, la première, — Ei donc! un fat!... un fat!quelle horreur !... Peut-on aimer un fat !... il n’y a rien que je déteste tant au mondequ’un fat!... je ne voudrais pas d’un fat pour relever mon gant, ou renouer leruban de mon soulier !...— il n’en est pas moins vrai que les femmes aiment les fats,et que ce qu’elles en disent est colère, amour-propre humilié, dépit, et ces troissentiments sont bien près de l’amour, ne vous y trompez pas.

— Halte là, soyez conséquente, madame la femme de lettres, me crie aigrement mavoisine, dame de charité depuis peu. Si nous les aimons, nous n’avonscontre eux ni co-lère ni dépit; et si nousavons delà colère et du dépit, nous ne les aimons pas.Quan tà moi,je vousassureque je professe pour celte espèce de gens la plus profonde indifférence.

— Non, non, ma respectable voisine,—si je savais une épithète plus insultante ; jela dirais— ma respectable voisine, vous vous faites illusion... Une fois, par hasard, ça11ecomptera pas, vous et moi soyons franches! Qu’est-ce que nous aimons le plus auinonde?... C’est briller. Seconde question ! Qu’est-ce que nous pardonnons le moinsà un homme ? Ce n’est pas tant de s’occuper de lui que de ne pas s’occuper de nous.Or, le fat qui entre en concurrence envers notre sexe pour la première question,commet en outre le second délit de la seconde question.

Pouvons-nous laisser ainsi à la fois, et empiéter sur nos droits, el les méconnaître,cela froidement, tranquillement, sans 11’éprouver aucun des sentiments haineuxqui font partie de notre essence divine? je vous le demande.

Voici pour le dépit, passons à l’amour.

D une part, Albert est fat et impertinent, c’est vrai : il sait trop qu’il est joligarçon, qu’il a de l’esprit el qu’il est brave ; mais, enfin, il n’en est pas moins vraiqu’Alberl possède à fond toutes ces séduisantes qualités.. De l’autre part, dans lecœur de toutes les femmes, ' comme de la laide, de la vierge comme de lamatrone. île la spirituelle comme de la sotie, de la sage comme de l’étourdie, n'y a-