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Tome troisieme.
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LE K AT.

TOO

t-il pas un pelit levain d’amour-propre qui t'ait qu’on n’est pas tâchée intérieurementde réduire la superbe de cet homme, d’abaisser sa faconde, de triompher de sonorgueil, de courir un danger quelconque enûn?...

Ajoutez â cela un grain de reconnaissance : car, enfin, tout ce que cet individu en faitest pour nous plaire; puis deux grains de curiosité... mêlez le tout... pas longtemps..

Voila ce qui fait la force du fat et notre faiblesse.

Toutefois, une chose nous sauve souvent ! cette nature de fat est naturellementparesseuse, son sang est froid, tant soit peu apathique, il tente peu de conquête :satisfait de celles qu’il pourrait faire, il s’endort sur les myrtes qu’il ne cueille pas.L’avez-vous vu revenir chez lui, ou du moins vous en faites-vous une idée? Fatigué,mais satisfait, il jette avec une heureuse nonchalance à son valet de chambre souchapeau, sa canne et ses gants; il s’approche lentement et l’œil fixé d’une façoncaressante sur une glace placée sur la cheminée, devant lui; arrivé devant cettecheminée, il s’accoude sur le velours qui remplace chatoyeusement la crudité dumarbre ; d’une main, il caresse sa moustache ou bien ses cheveux; l’autre se perdindifférente dans un tas énorme de petits billets qui semblent fleurir en confondantleurs couleurs variées dans une riche coupe d’agate montée en or. 11 prend lesbillets un a un, les examine, décachète celui-ci, le lit a moitié; prend cet autre, nele lit pas du tout ; quelquefois il se contente de regarder seulement l’adresse, et lelaisse tomber ; puis, entre chaque billet, ses yeux se reportent toujours avec amoursur le limpide miroir qui reflète si fidèlement sa délirante image. Quelquefois sesdoigts rencontrent une lettre d’une écriture connue ; celle-ci termine l’inspection,elle est mise de côté, il la lira tout a l’heure, quand il aura le temps : il l’attendaitcependant, mais il était si sûr de la recevoir, que le plus léger signe de joie ou desurprise ne plisse pas son front.

Derrière Albert, se tient debout, droit, raide, suivant tous ses mouvements,saisissant, pour ainsi dire, un ordre au passage, et l’exécutant avec la célérité del’éclair et le silence de l’automate, une créature soi-disant humaine, mais qui tientencore plus de la machine que de l’animal; au repos, on pourrait se tromper etprendre cette créature pour l’ombre d’Albert : c’est le même aplomb avec uneligne de raideur de plus ; c’est la même coupe d’habit, de pantalon, de gilet : on devineque le tailleur qui habille l’un doit confectionner les vêtements de l’autre, et celaest. Théodore, le valet de chambre d’Albert, porte les habits du mois dernier de sonmaître. Mais au moindre signe, quelle activité ! quel mouvement ! et toutefois quelleimpassibilité!., les yeux regardent, l’oreille écoute, les membres agissent, mais l es. autres traits ne bougent pas. Que son maître lui donne un ordre, le loue ou legronde, c’est toujours la même figure humble, froide, servile ; c’est toujours lamême expression muette, une expression lithographiée. On pourrait le battre, jecrois, — mais on ne bat plus son domestique, — que cela ne changerait rien à l’as-pect silencieux de sa physionomie.

Du reste, l’impassibilité qui règne sur cette physionomie doit former le loiwlde son caractère. Obligé par état d’assister à toutes les actions de son maître, elles doi-vent passer devant ses yeux comme si elles n’étaient pas ; il n'a jamais rien vu, rien