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Tome troisieme.
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luire jour. Vinsi lesté, il arrive il Paris fnire son droil ; grâce nux éeus encore mater-nels, lesgriseltes de son quartier le proclament, l’homme le plus adorable de France ;et le voilà arpentant avec orgueil' les avenues de l’ccole de médecine, lorgnant l’une,jetantune œillade à l'autre, un baisera celle-ci, un salut à toutes, et finissant réelle-ment par se persuader de soii mérite personnel.

Cet autre, nommé Hercule, venu à pied de l’Auvergne pour trouver une place àl’aris, a réussi à entrer dans un magasin de nouveautés. — La première fois qu’il aremplacé sa veste de bure par un habit acheté au Temple, il s’est trouvé si beau, siéclatant, qu’il lui a paru impossible que tout le monde ne lût pas de son avis; il s’at-tend, àclmque instant, à trouver dans toutes les acheteuses l’admiratrice de sa beauté,et croit à chacune l’avoir rencontrée ; aussi, chez lui contentement passe richesse, c’estle cas de le dire.

Achille est une antre variété. Il est né à Paris , mais dans la bourgeoisie, je diraimieux, dans le commerce marchand ; son père est un épicier retiré. Achille est assezjoli garçon; il est riche, et il aurait pu mener une vie oisive, paresseuse, et heureuse,si un jour, au balcon de l’Opéra, où son argent lui donnait accès, il n’eût rencontréAlbert,et si, une autre fois, ce dernier ne lui eût parlé chez un marchand de che-vaux, où tous deux allaienten marchander. Depuis ce jour, plus de repos, plusdecessepour Achille; Albert est pour lui son type, son Dieu , son idéal : il s’habille, il sechausse, il pose son chapeau comme Albert, il a les mêmes équipages; comme lui,il fait courir ses chevaux, qui ne remportent pas le prix, mais qui crèvent. Les étés,Albert part pour voyager, et Achille se renferme chez lui ; il ne sort pas, il nebouge pas, ne met pas le nez à la fenêtre, et dit hardiment, à l’entrée de l’hiver, à sesamis qui s’informent de ce qu’il est devenu depuis si longtemps : « J’arrive d’Italie ,mon cher : un ciel admirable, et des femmes délicieuses! » Mais, ne pouvant commeAlbert choisir ses conquêtes dans les dames de la haute société , il s’en venge enayant l’air de les connaître toutes : il affecte de les nommer tout haut quand il les voitpasser dans leur carrosse, ou entrer dans leur loge à l’Opéra ; puis il se jette dans lessalons de second ordre, etse console de son obscurité avec mesdames de Saint-Ernest ,ou de Saint-Victor, ou de Saint-Charles, tous les saints possibles du calendrier. Ilmourra de joie le jour où il s’entendra citer parmi les jeunes seigneurs.

Notez que je dis jeunes seigneurs, car aujourd’hui, I er mars 1810, c’est le titrede bon goût qui a remplacé ceux de : importants, petits-maîtres, beaux-fils, musca-dins, mirliflores, incroyables, élégants, fashionables, clandgs , furieux, lions, tigres,qui se sont succédé rapidement dans les fastes de la belle jeunesse française, depuisle commencement de ce siècle éminemment dramatique.

Non-seulement Achille a la fatuité de connaître toutes les grandes dames de la liantesociété, mais, à l’entendre, il est au mieux avec toutes les sommités quelconques ; il vachez tous les ministres; il a dîné hier avec Balzac, avec Frédéric Soulié ; il a fumé uncigare sur le boulevard de fiand le bras passé sous celui de Janin ou d’Alphonse Rare;Victor Hugo vient de le saluer ; Eugène Scribe lui reproche de devenir rare, et il doitaller demain déjeuner chez de Latouchedanssa délicieuse retraite de la Valléc-au-Loup.

C’est lui aussi qui, dans les commencements de sa carrière élégante, s’écrivait re-