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Tome troisieme.
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LE PHARMACIEN.

sont dignes d’en porter. Les pharmaciens ont cessé de réserver un cabinet sombrea l’administration du remède si redouté de M. de Pourceaugnac ; et cest à tortqu’un vaudevilliste disait de l’un d’eux, à propos d’une émeute hydrauliquementréprimée :

Ai « de la Colonne.

11 a jadis protégé le royaumePar des moyens adoucissants ;

Monsieur Canule, à la place Vendôme ,

Joua des rôles importants.

En ce grand jour, payant de sa personne,

Monsieur Canule aspprgea l’ennemi ;

Et je suis fier d’un ami tel que luiQuand je regarde la colonne.

Notre camarade Népomueène Bonnisson, qui nous fournit ces curieux renseigne-ments, eût dédaigné d’être apothicaire, mais il embrassa de plein gré, à l’âge de dix-sept ans, la profession de pharmacien. Il habitait une petite ville d’un départementdu centre, qu’il eût volontiers quittée pour aller étudier a Paris . Plus d’une fois, ases débuts, il rêva Paris et les bals publics, Paris et les grisettes avides de jujube, etla camaraderie des carabins, et les promenades du matin dans le jardin de l’écolede pharmacie, et les punchs du soir où flamboie l’alcool dérobé au patron!... Maisla pauvreté lui fermait le chemin de la capitale.

Car il y a, sachez-le bien, deux ordres de pharmaciens : les uns suivent les coursd’une école, sont astreints a quatre années de stage, subissent devant leurs pro-fesseurs un examen qui leur coûte 1400 francs, et sont autorisés par diplôme àexercer dans toute la France . Les autres, condamnés à huit années de travaux préli-minaires, paient 500 francs le droit d’être admis par un jury médical, et on leurassigne une résidence comme a des forçats libérés. Ces catégories sont établies parla loi du 24 germinal an XI, qui régit les professions médicales, loi transitoire vali-dée par la prescription, loi défectueuse comme tant d’autres, et conservée commetant d’autres en dépitde mille réclamations. Il n’est pas de ministre de l’instructionpublique qui n’ait rêvé la réorganisation de la médecine et de la pharmacie, la sup-pression des jurys, la création d’écoles nouvelles, la proscription des remèdes se-crets. M. de Corbière s’en est activement occupé en 4 825 et 4828; M. Guizot s’enest activement occupé en 4858 ; M. Salvandy s’en est activement occupé en 4859.Hes pétitions ont été signées, des mémoires rédigés; des rapports ont été lus, desdiscours débités, des commissions créées, de graves questions approfondies, a lachambre des pairs, à la Chambre, a l’Académie de médecine , à la société de phar-macie, a la société de prévoyance des pharmaciens de la Seine . On a reconnu lanécessité d’une réforme, et la réforme n’a pas eu lieu, et l’on n’esl pas encore par-