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Tome troisieme.
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HT L’II AMTUEE DUS TUILERIES.

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nivelé , un vol de jeunes Tilles courant après les joies d’une soirée sans travail, etdevinant, comme par instinct, le lieu de la promenade où elles sont sûres de trouverun bras pour leur bras, un sourire pour leur sourire. On va , on vient, on court commesi le hasard vous poussait par les épaules ; mais le hasard est souvent un dieu situtélaire aux jeunes cœurs, que les mythologues, au lieu de lui donner un bandeaupour emblème, devraient l’armer d'une torche et d’un grelot. Le hasard est sans puis-sance contre la folie, et la folie règne seule le dimanche au jardin du Luxem-bourg .

En effet, au milieu des élans de cette joyeuseté bruyante qui semble rapprocher lavieillesse de l’enfance, en donnant a celle-ci plus de virilité, en ôtant à celle-là sesrides et sa couronne de neige, Tune affecte, en se mutinant, des airs d’indépendanceet de force, l’autre, en ressaisissant ses lointains souvenirs, oublie ce que pèsent lesans et les infirmités. La joie comme la douleur a sa contagion.

Maintenant que, fidèle à ma tâche, jevousai mené au Luxembourg , et que j’ai faitposer devant vous un de ses principaux ornements, embarquons-nous pour d’autresplages, traversons de larges routes, glissons dans d’étroits sentiers, heurtons-nousaux bornes, auxégouts, aux piétons imprudents, doublons des caps, des promontoires,ménageons nos vivres, traversons des courants d’eau , des ponts, des quais, longeonsdes palais avec leurs richesses, des masures avec leur pauvreté, et jetons l’ancre enface de cette grille royale aux flèches dorées, où nous attendent des éludes sérieuses,au milieu des frivolités qui s’y donnent quotidiennement rendez-vous : il y a partoutde graves leçons à prendre, il y a partout d’utiles confidences à écouter, et celui-làseul est isolé dans le monde, qui ne regarde qu’à ses pieds et ne voit que dans soncerveau. Qu’est-ce que la vie? Le mouvement... Etudions la vie, et laissons à la mortses terribles et mystérieux secrets.

Le jardin des Tuileries est grand , aéré comme celui du Luxembourg , mais moinsvarié peut-être ; il est vaste, malgré le soin qu’on a pris de le rétrécir en l’élargissantd’un petit parterre qui emprisonne le château. Deux terrasses élégantes lui serrent leslianes, et là bas ,près de la place delà Révolution, deux exhaussements réguliers domi-nent un des plus riches et des plus magiques panoramas européens. Mais voyez labizarrerie du monde ou plutôt de la mode ! il y a d’un côté une plantation magnifique,de l’ombre fraîche à toute heure du jour, du mystère, de suaves émanations, et lafoule s’en va poussée, pressée, heurtée, s’amonceler sur un point unique, où desmaisons pareilles à des châteaux arrêtent toute bouffée du nord , où le soleil dardeses rayons les plus pénétrants, et où la gent moutonne paraît d’autant plus a Taisequ’elle est plus coudoyée dans sa marche inégale et tortueuse.

Eh bien! soyons moraliste et critique à la fois; j’établis là mon observatoire, etj’étudie tout ce qui se passe devant mes yeux. Nous sommes en été, et sept heures etdemie viennent de sonner. La dame que vous voyez Ta descendant de son équipage,dit à haute voix Uses amis et à ses voisins, qu’elle a trente-deux ans; moi, je vousassure qu’elle n’en aura jamais trente-trois, car je sais qu’elle en a quarante. Elle suitles modes, mais elle ne les fait point; son binocle aux yeux , elle ne regarde pas ,elle étudie les toilettes, et son exclamation favorite est ! « Fi donc : ça ne se portera