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LE COMMISSAIBE DE POLICE.
plaintes ridicules il vous faut subir! car vous ôtes trop sage pour vous précipiter,tête baissée, au sein de ces guerres intestines.
Commissaire,
Commissaire,
Colin bat sa ménagère. j
Commissaire,
Laissez faire,
Ce n’est pas là voire affaire.
a dit et chanté Béranger. Si j’avais l’honneur de connaître plus particulièrement M. deBéranger, je lui dirais : « Monsieur, vous avez étrangement changé ici le rapportdes choses. Ce n’est pas le commissaire de police qui fourre son nez où il n’a pasaffaire, ce n’est pas lui qui place témérairement son doigt entre l’arbre et l’écorce,comme dit Cicéron cité par Sganarelle. Oh ! non, plaignez-le, et ne le conseillez pas,car il est la première victime de ces perpétuels débats. Les deux partis, la moitiéde l’homme et la moitié de la femme, n’invoquent son arbitrage qu’afin d’avoir leplaisir de le violer et de se battre impunément sous les yeux du commissaire. Etpour quelles causes encore vient-on solliciter son intervention ? Aujourd’hui le maria bâlonné madame sa femme; bon ! mais le lendemain l’épouse a jeté a la tête dumari un pot rempli de choses omni généré. Ou encore une Lucrèce de cinquanteans, laide, ridée et trapue, se vient plaindre h lui et veut poursuivre en 15 francsde dommages et intérêts pour attentat a sa pudeur. Il faudra peut-être qu’il vériliele fait de l’outrage. Oh ! plaignez, plaignez bien fort le commissaire de police.
Mais, après le devoir, les droits; après les charges, les avantages : c’est trop juste.Voyons donc comment est rémunéré, honoré, pansé et payé le susdit commissaire.
Les commissaires de police attachés au service des sous-préfectures et des bourgspopuleux delà banlieue de Paris reçoivent un traitement de 2,400 a 5,000 francs.C’est peu. Sans doute le service des petites villes de province n’exige pas une grandeactivité : leurs fonctions se bornent 'a peu près exclusivement aux soins de la policemunicipale. Mais le commissaire de police de la banlieue de Paris a toutes les chargesde celui de la capitale sans en posséder les avantages. Souvent on lui adjoint un se-crétaire payé sur le budget de la commune : un agent de police qui porte ordinai-rement l’uniforme des sergents de ville est mis 'a sa disposition. C’est le factotumdu commissaire, il sert à tout, tantôt a monsieur, tantôt 'a madame, arrête les prévenuset achète des lapins à la llalle pour le pot au feu de monsieur le commissaire. Commemaître Jacques, il a deux costumes, et revêt l’uniforme officiel, ou le modeste habit depékin, suivant qu’il agit pour le service public ou domestique du commissariat.
A Paris , et dans les chefs-lieux considérables de préfecture, le traitement de cesfonctionnaires s’élève jusqu’à 6",000 francs. Certains commissaires, en y joignant desservices particuliers, comme celui de la Bourse, de la Banque de France , ou des cime-tières populeux, s’assurent un revenu de 10 'a 12,000 francs, qui n’est pas désagréable.
Bans tous les théâtres, a Paris comme en province, une loge, ordinairement pin-