I.M.WMI
I,K KOI.
mais à celle loyale confession de lonles les heures, a cet examen de la conscienced’un roi, il faut que la vérité surgisse. A faire le résumé de sa vie, le roi passeune partie de la nuit. A dix heures du soir sa journée est achevée, il n’appartientplus a personne, sinon à lui-même; autour de lui toutes choses sont en ordre: iln’a remis au lendemain que les affaires qui n’étaient pas les affaires sérieuses;autour de lui tout fait silence; il est seul, et pendant quatre heures tout aumoins, il s’abandonne a ce rare et difficile travail. Bien souvent le jour va paraître(juand un valet de chambre vient avertir Sa Majesté qu’il est temps de se mettreau lit; aussitôt couché, le roi s’endort. Il dort du calme sommeil de l’hommequi a travaillé tout le jour. Trois heures, quatre heures de sommeil (out au pluslui suffisent; il huit heures du matin on le réveille; aussitôt il est debout et sajournée commence. Il lit les dépêches, il s’informe du travail de la journée, on luiapporte les rapports des ambassadeurs; 'a onze heures il sait déjà tout ce qui s’estdit en Europe sur son compte, el il le sait de première main. Il lit peu de jour-naux, sinon les journaux anglais , mais il les tolère tous. Vous trouveriez dansl'antichambre du roi, à côté des feuilles qui défendent son gouvernement avecle plus de conscience et de courage, les plus vils et les plus atroces pamphletscontre sa personne. Il dit qu il faut que tout le monde vive, qu'un pamphlet n’ajamais tué que les morts, et qu'il a accepté les inconvénients de la liberté de la presseen acceptantsesavanlages. — Son déjeuner est bientôt fait; après quoi c’est le tourdes ministres. Il vit avec eux dans la plus grande familiarité. I. homme qu’il adopte atoutde suite, chez le roi, ses grandes et ses petites entrées ; il est reçu a toute heurede la nuit et du jour. Le roi prend fait et cause pour son ministre comme pourlui-même. Il s'intéresse à ses succès de tribune, à ses succès de tout genre; il ledéfend vivement et sincèrement, et quand il faut le remplacer, il 11e lui dit jamaisAdieu, mais: Au revoir. Ceux-là partis, il adopte ceux qui viennent, comme il avaitadopté ceux qui partent,tant c’est làun roi constitutionnel habitué aux mécanismescompliqués et sévères du gouvernement représentatif.
Le roi préfère cette causerie sans-façon, mais non pas sans portée, avec chacun deses ministres, à l’imposante discussion du conseil des ministres ; quand il tient unhomme tête à tête, il est rare qu’on lui résiste. Il est éloquent, il subjugue, ilentraîne, il sait donner à ses prières une si bonne tournure de commandement, etil sait si bien donner à ses ordres la tournure d’une demande ordinaire I Pas unhomme, quel qu’il soit, 11e fait peur au roi ; il l’aborde du côté le plus convenable, etune fois qu’il le tient, il en vient à bout. Ce qu’il a fait de M. Laffitte, dans les pre-miers jours de la révolution de juillet, est incroyable. — Snivez-nous, Messieurs!Ainsi il parlait aux membres de la chambre des députés, lui, tenant sous le lirasM. Laffitte. Suivez-nons! C’était faire M. Laffitte participant du trône de France .Aussi M. le général l.afayetle le savait bien. Plus d’une fois il s’est rendu chez lenouveau roi, tout disposé à faire éclater quelques-uns de ces inécontenlemenlspuérils qui ont élé une grande partie de la popularité du général Lafayelle ; il enrevenait écrasé, abasourdi, el sans avoir rien trouvé à répondre à cet habile et spi-rituel logicien.