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Tome cinquieme.
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L'ARMÉE.

compagnie. A la gauche du bataillon se tiennent les voltigeurs, prêts à s’éparpilleren tirailleurs dans le champ de manœuvres. Entre les grenadiers et les voltigeurs,nous apercevons la masse des fantassins, le profanum vulgus, les chasseurs, ouplus vulgairement les tourlourous, soldats affranchis de l’honneur de porter lesabre-poignard, arme si éminemment utile en campagne, pour couper de laviande ou du bois. Que ces bataillons se divisent en pelotons, qu’ils se formenten carré, qu’ils s’allongent en colonne, et nous admirerons la précision, la promp-titude, l’homogénéité compacte de leurs mouvements. Ce sont des figures géo-métriques qui marchent, des lignes droites qui, remuant tous leurs points a la fois,se combinent en angles divers. Pour apprécier convenablement la sublimité de cesmanœuvres régulières, songeons que la présence de l’ennemi ne troublerait pointleur ordre inflexible. Au milieu de la mêlée comme au Champ de Mars, on diraitaux soldats : Marchez! et ils marcheraient, modérant leur enthousiasme, pliantleur impétueuse ardeur aux sévères exigences de la tactique. On leur dirait : Allezvous faire tuer! ils répondraient comme le colonel Schwardin a Kléber : « Oui,mon général ; » et ils mourraient a leur poste.

Les deux espèces d’infanteries font le même service. Les régiments, classés pararmes et numéros, se subdivisent en bataillons, au nombre de trois, et en compa-gnies, sections et escouades. Dans les manœuvres, chaque bataillon est partagé enquatre divisions, huit pelotons, seize sections et trente-deux demi-sections.

La composition des régiments d’infanterie de ligne et d’infanterie légère esiréglée parles ordonnances du 27 février 1825 et 7 mai 1851. On a successive-ment créé depuis l’infanterie d’Afrique , les corps des zouaves, la légion étrangère,et enfin les tirailleurs de Vincennes ou chasseurs a pied.

Ce corps de création nouvelle, dont l’organisation s’étendra peut-être un jourà toute notre infanterie, nécessite une mention spéciale.

La première compagnie-modèle avait été formée parM. le général comte d’Houdetot. Une ordonnance du28 août 1859 constitua définitivement les tirailleurs deVincennes en un corps isolé, composé aujourd’hui dedix bataillons, chacun de mille hommes; n’étant pasréuni en régiments, il n’a, jusqu’à présent, ni colonels,ni lieutenants-colonels, ni majors ; ses détails de comp-tabilité sont confiés aux capitaines d’habillement.

Chaque régiment d’infanterie a fourni pour le corpsdes chasseurs a pied cent vingt et un hommes, petits,lestes, vigoureux, presque tous indigènes des montagnesde la Corse, de la Gascogne et du Béarn. Quand ils pa-rurent pour la première fois à Paris , en avril 1811;quand, le 4 mai, ils reçurent le drapeau des mains duroi sur la place du Carrousel, on loua unanimementleur tenue martiale, leur agilité, leur aisance et leursbarbes a la Richelieu. Leur uniforme est commode et ctp.