Lus râlions qu’on envoie aux postes sont réparties dansdes boites de fer-blanc rondes et plaies. Le conscrit decorvée de soupe est souvent embarrassé pour trouver sonchemin vers le poste désigné; et l’hiver, ses doigts, cris-pés par un froid de dix degrés, laissent parfois échapperla provision qu’attendent impatiemment ses camarades.
Le repas terminé, on se prépare à paraître à l’appeld’onze heures. Les hommes de chambre emploient le balaiavec lequel on a fait la corvée de. quartier, à nettoyer latable où le troubadour vient d’égruger son sel. Les com-pagnies sc rangent dans la cour, le sergent-major faitl’appel, les capitaines et lieutenants de semaine passent enrevue les hommes et leur communiquent l’ordre du jour.
Puis le tambour bat la breloque, l’heureuse breloque quiordonne la rupture des rangs. Permis a la majorité d’al-ler chercher le plaisir partout où elle espère le trouver.
Des groupes nombreux franchissent la porte, dédient
devant la garde de police, et le sous-officier de planton interdit la sortie aux né-gligents qui ne lui semblent pas en tenue. Dispersés dans la ville, les soldats pren-nent leurs ébats il leur guise, s’arrêtent devant les marionnettes, les saltimbanqueset les chanteurs ambulants, contemplent l’étalage des Chevets indigènes, visitentleurs particulières, coupent des baguettes dans les baies, pêchent a la ligne nuvont dans les guinguettes boire plusieurs litres et pincer un rigaulon.
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