L’Ali MF F.
Quelques indolents se tiennent!! la chambrée, local qui n’a pourtant rien de ré-créatif : vaste salle meublée de deux rangs de lits en fer d’une cruche, de porte-•nianteaux pour suspendre les bufflelcries, de planches pour mettre les sacs, et.aumilieu, d une fable où l’on dépose les pains. Les uns font leur flanc (sieste), aumilieu des tourbillons bleuâtres du caporal; les autres astiquent leur fournimentou raccommodent leurs habits. Ceux qui s’adonnent au jeu compliqué et intéressantde la droque sont reconnaissables à la pyramide de chevilles en bois qui leur pince'« nez.
Le tatouage est. un divertissement assez usité parmi les soldats. Pour le prali-nuer, on applique sur la peau du patient un 'calque dont on suit les contours avec"n paquet de trois aiguilles fines, imbibées d’encre de chine. A la suite de cette"nielle opération, on a l’agrément d’avoir les bras ou la poitrine ornés de hideusesligures, cachées heureusement par l'uniforme. Si vous le soulevez, vous apercevez"" mélange hiéroglyphique de noms, de sabres en croix, de portraits d’hommes etde femmes, de Christs, de saints sacrements, de dates mystérieuses, de mille sym-l>oles religieux, érotiques ou guerriers.
11 Vous avez dû bien souffrir, disais-je à un soldat qui me présentait son buste"'"si décoré.
— Ah ! monsieur, quand je me suis fait piquer le bras droit, j’ai manqué en mou-' et j’ai été obligé d’attendre six mois avant de me faire piquer le bras gauche.■I en ai pour plus de 8 francs sur le corps, mais ce n’est pas sans peine. Je connaisdes bourgeois bien habillés qui ne voudraient pas se faire piquer pour 6 francs. »
Certains soldats, dédaignant de grossiers plaisirs, se rendent aux cours des écolesle gi»ientaires. Avec l’aide de l'enseignement mutuel, ils peuvent développer, leurs'Impositions, apprendre l’écriture, la lecture, lecalcul, les éléments de la grammairep l de la géométrie, l'histoire militaire de la France , le dessin linéaire, la compla-'"üté militaire et la théorie. On voit, des paysans incultes s’épanouir brusquemenl" I" lumière intellectuelle, et acquérir par de rapides progrès la capacité condition-"elle de leur avancement. Le zèle des élèves répond h celui des officiers professeurs'"dessous-officiers maîtres d’études, bientôt peut-être'on verra se renouveler lesv, eux exemples d’élévation merveilleuse; des génies ignorés surgiront du sein de<Ps écoles ouvertes à tous.
Et plus d’un maréchal de FrancePartira le sac sur le dos.
^ous avons vu les plaisirs, les occupations el les éludes des soldats; assistons"" l’etour des abeilles dans la ruche. Une heure avant l’appel, on commence à ren-lr<?r ; des rassemblements se forment dans la cour et dans les chambrées ; tout en"tant une dernière pipe ou en épuisant le suc d’une chique remâchée, chacun rend"mpte de l'emploi de son temps. L'imagination îles causeurs, animée par le vin,
" r Piiis i|!i('|,||„. s a nn( v s rliaijnr Imimnc a son lit. On roiirliail autrefois par couple.