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Tome cinquieme.
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L’ARMÉE.

AN

s'envole au pays des chimères. « Moi, j’ai bu du Pomard! — J’ai fait la connaissanced’une grande dame !—J’ai mangé du macaroni au gratin. —Je suis l’amant d’unejeune personne crânement jolie, mon cher! des yeux!.,, longs comme le bras !...une bouche... si petite qu’on ne la voit pas. — Moi. j’ai fait un repas avec nappeset serviettes, et je me suis régalé d’une fameuse matelote de homards ! » Que nevous est-il donné de croire a vos propres assertions, ô vous qui faites assaut decraques dans vos fabuleux comptes rendus? Vous oublieriez un moment du moinsl’ennui qui vous talonne, vous vivriez joyeusement pendant quelques minutes, àcent lieues des manœuvres, du rala, de la salle de police et de l’appel du soir.

Mais les tambours reviennent en battant la retraite, escortés par une bande degamins. Du quart d’heure après, le sergent-major procède a l’appel, en présence del'officier de semaine, qui peut exiger, aux termes du règlement, que ses auditeurs setiennent au pied de leur lit, debout et la tête découverte. Les amoureux et les épi-curiens en retard produisent les excuses habituelles : « J’ai rencontré un pays. — Monpère a passé dans la ville. » Dne heure s’écoule, et un roulement prolongé donne lesignal de l’extinction des feux. Le sergent qui commande la garde de police parcourtles chambrées pour s’assurer de l’exécution de cette mesure. Quelques conversationssont échangées, les voix s’éteignent graduellement, les permissionnaires de dixheures se couchent sans bruit, et le silence n’est plus troublé.

VEILLEES, CONTES DES CHAMBRÉES.

Les soirs d’hiver, quand l’appel s’est fait de bonne heure, on a recours à des récitspour retarder ou faciliter le sommeil.

« Un conte! un conte! tel est le cri qui retentit dans la chambrée.

— Voyons, dit nonchalamment un beau parleur; j’ vas vous conter ça ; y en a-t-ilbeaucoup qui veillent? »

Et il en constate l’état en échangeant alternativement avec eux un certain nombrede mots incohérents.

« Cric !

— Crac!

— Sabot !

— Cuiller à pot !

— Sous-pied de guêtre !

— Sergent-major au prêt !

— Enroule!

— Pas accéléré !

— Marrrche !... »

Point d’histoire sans cette formule traditionnelle, qui, répétée de temps en temp spendant le récit, lient les auditeurs en éveil.

Le narrateur commence, échelonnant le long de son discours des mots licencient