L’MIMÉE.
«9
cl d’effroyables jurons. On " a étudié à l’école des dramaturges, si les
tonnes qu’il emploie n’élaienl plus énergiques et moins civils que Notre-Dame ! etPar la messe!
On suppose naturellement que les sujets des contes de chambrée sont les bataillesanciennes et modernes; on s’attend a des souvenirs du camp de la Lune , de laconquête d’Italie, du bivouac d’Austerlitz, de la retraite de Moscou : eli bien, ils seMêlent rarement aux créations des romanciers de caserne. On choisit plus volontiersl’histoire de saint Jérôme, le martyre d’une jeune vierge injustement soupçonnée,ou les aventures extraordinaires d’un prince favori des fées. Si l’on met en scène despersonnages distingués, c’est pour leur faire jouer un rôle fantastique. Dans unconte où figure le baron Larrey, il recolle adroitement la tête d’un soldat décapitéP a r les Mameluks, et le fait porter à l’ambulance. C’était le soir : en entrant, les
aides maladroits heurtent le blessé, dont la Idis de détresse. On se hâte de la recoller et
Le lendemain, Larrey lui rend visite, leIrouve pâle et bouleversé, et s’aperçoitbientôt que la tête est tournée sens devantderrière. Les aides, dans l’obscurité, avaientcommis cette funeste erreur.
" Ça peut se réparer, dit Larrey ; la peaua déjà repris, mais, si tu veux, mon cama-’ade, je vais te recouper la tête et la placercomme elle doit être.
— Ça sera-t-il douloureux? demanda les oldat.
— C’est l’affaire d’une minute.
— Allons donc! ., oh bien, non... Au*'bl, j’ veux rester comme ça; j’aurai l’a-v antage de pouvoir me faire la queue àMoi-môme. »
he plus connu des contes de chambréeest l ’Histoire de La Damée; il résume mer-'cilleusemcnl l’esprit des soldats, et meten relief leurs idées, leurs opinions, leurcaractère. La Damée est un type de trou-hi'lour et de réclameur, et reproduire sesav en(urcs telles que nous les avons souvententendues, c’est présenter a nos lecteurs leSo hlal peint, par lui-même.
ôte se détache et roule en poussant desde mettre le patient au lit.
‘tACqUE.
,«2r
«
^■3
®8 J
V