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Tome cinquieme.
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1/ A I! M K K.

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histoire i>K la ramee.

Il y iivail une fois un vieux grouin de soldat qu’était enIré au service dansl’espérance d’arriver au grade de caporal. « Vous le serez avant qui soit long loups,qu’on lui dit. Comment qu’ vous vous appelez? — J’ m’appelle La l’.amée. »

VTa qu’ La Ramée fait un congé de huit ans, et on ne le nomme pas seulementun peu caporal. « Cré nom d’un!... qu’i dit, on m’a enfoncé! — Tiens, que luirépond le capitaine, si tu veux te rengager, avant qu i soit un mois lu seras caporal.— Ma foi, qu’i dit, si c’est comme ça, j’vcux Lien. »

V’Iamon vieux cornichon qui s’ rengage pour huit ans ; mais les huit ans s’écoulent,pas le moins du monde caporal. « C’est comme ça qu'on me tient parole, que dilLa Ramée; pour c’le lois-là, j’ m’en vais. — Allons, que lui dit le capitaine, reste!si je n’ t’ai pas fuit avancer, c’est que j’ai pas pu ; l’avancement est si difficile main-tenant! Mais si tu veux rester, t’es sûr que le premier caporal a passer, casera loi.

— Allons, dit la Ramée, nous verrons si vous t uez parole. » lit v’I'a qu’i’ s’ ren-gage encore pour huit ans. V’I'a qu’au boutd' quatre ans La Ramée faisait toujoursfaction; pas plus d’sardines sur les bras que de perruques à la broche. Quand LaRainée vit ça, il dit : « Ma foi, puisqu'on n’ veut pas me faire passer caporal, il fautau moins qu’on m’ donne des effets propres, et qu’on me nourrisse bien. V’Ià vingtans que j’ suis au service, et j’ai toujours le même habit! Et j’ crois qu’on m’ faitmanger pendant quinze jours les mûmes /.-haricots. .1’ vas réclamer. »

Le capitaine voyant ça, et que les autres de la compagnie se plaignaient aussi,arrive à l’appel, et leur dit avec indignation : « Malheureux!... depuis quand quevol’ capitaine ne vous fait pas justice? Vous avez osé murmurer!... vous n’ûtes pasdes hommes!!... vous mériteriez que je vous lisse tous fusiller, mais c’est une morttrop honorable pour des gredins comme vous, et j’ vous fais grâce pour c’tc raison-là! Dorénavant qu’on m’instruise des besoins de la compagnie, et je vous montre-rai que je suis toujours là pour maintenir vos droits, pour vous servir de père!Ainsi qu’on m’apporte demain tous les habits de la compagnie, et, pour que ça necoûte rien, je les retournerai moi-môme; j’ai été tailleur dans le temps.

— Ah ! que brave homme ! que dirent tous les soldats ; en voilà un de capitaine. »En effet, quatre ou cinq jours après, v’Ià qu’on rend les habits à la compagnie, maisv’Ià que tous les habits étaient trop étroits. « Le capitaine s’est trompé! dirent lessoldats. — Eh ! non, tas de nigauds, s’écria La Ramée ; vous ne voyez donc pas quele capitaine avait un mauvais habit, et qu’il nous a pris à chacun un morceau dunôtre pour s’en faire un neuf. —C’est vrai, répondent les soldats; c’est loi qu’estle plus ancien, lu vas réclamer. »

VTa que le colonel passe dans les chambres, et La Ramée lui conte l’affaire.« Bien, dit le chef, on te fera justice, mon vieux brave. » En effet, il rassemble tousles capitaines : « Comment, qu’il leur dit, messieurs les officiers se permettent de