Band 
Tome cinquieme.
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L’A KM 12 K.

— Ali ! ma foi, je n’ conte plus ; y en a des masses qui dorment.

— Bah ! bail ! y en a pas plus de trois ou quatre; va donc, va donc!

La Ramée se remit en route, mais a peine cul-il fait dix-neuf lieues de plus'lu’il rencontra un autre individu, qui lui dit : « Monsieur, vous n’avez pas l’air d’unmillionnaire ; voulez-vous accepter une bonne place? Vous ne me refuserez pasSE >ns doute, quand vous saurez que je vous suis adressé par saint Matthieu, qui estenchanté de vos procédés, et désire vous être utile. — Je suis à vous, que dit LaUamée. — Venez donc, » reprit l’inconnu.

Us en lièrent dans un bois, et s’introduisirent dans une longue galerie souterraineel invisible, au bout de laquelle il y avait un las de chaudières. « Votre emploi, ditI inconnu, sera d’entretenir le feu sous ces chaudières ; mais sans jamais regarder'Indans, songez-y bien. Je vous donnerai 25 francs par jour ; et, dans quelquesminées, vous pourrez vous retirer avec un joli bénéfice. »

La Ramée accepta, et l’étranger le laissa seul. Au bout de quelques jours, l’ex-Lusilier, s’embêtant à mort, ne put résister au désir de lever les couvercles deschaudières. Qu’y vit-il ? une foule d’individus qui se mirent a crier ensemble : « Ali !nion cher La Ramée ! ali ! mon pauvre La Ramée ! je t’en supplie, tire-moi d’ici !a * 1 1 mon adorable, mon délicieux La Ramée ! — N’ parlez pas tous a la fois, qu’i’dit i pourquoi diable êtes-vous la? — J’ vas l’ conter ça, que dit un beau parleur,lr '°i qui t’aimais tant, moi qui ai toujours été pour toi le plus tendre des sergents-majors. Le lendemain de ton départ, un gredin d’ choléra nous a esquintés, moi,ie capitaine, sa femme, le fourrier, le colonel et le caporal d’ordinaire ; le diable“mis a empoignés tous parfaitement bien, attendu qu’il a été longtemps gendarme,ot ‘I nous a amenés ici, oii tu es chargé de nous faire rôtir. Sensible La Ramée,'lélivrc-nous ! »

La Ramée avait si bon cœur qu’il allait se décider à rendre la liberté aux dam-“ es j quand il vit venir son bourgeois. Vile, il replaça tous les couvercles, et courutcliercher du bois pour alimenter le feu; mais le diable avait vu le manège, et luiU11 çait déjà des regards terribles.

" Tenez, dit La llamée, en mettant son sac sur son dos, je vois bien que je ne vousconviens pas. Ainsi, j’aime autant vous quitter. — Me quitter! s’écria le diable ;c c st-à-dir e que Lu vas rejoindre dans la chaudière ton sergent-major et les autresdiels. — Saint Matthieu , viens à mon aide, que dit la Ramée; je forme le vœu d’a-' lJlr le diable dans mon sac ; » et à l’instant le diable y fut. La Ramée ouvrit toutesles Portes, et il sortit ce jour-là de l’enfer tous ceux qui avaient obtenu des grades‘lepuis la création du monde, fourriers, gros majors, adjudants et autres. « Heu-'cusciueni, que s’disait le diable dans I’sac, qu’i’n’en manquera jamais pour les'emplacer! » Mais v’Ià que La Ramée, rencontrant quatre maréchaux ferrants,“‘cl son sac sur l’enclume, et leur dit : « Prenez vos marteaux, camarades, et,u 'te/.-inoi mon sac de toutes vos forces et aussi longtemps que vous pourrez. » Pan !j' a “ I pan ! les maréchaux battent le sac pendant deux heures, et le rendent à La,lm °m en lui disant : « Gré nom ! c’est dur comme le diable. — Je 1’ crois bien, »