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Tome cinquieme.
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I A K M lï K.

me faire oublier ! Je mange, moi, septième, U la gamelle. Les plus avides désignent,du bout de leur cuillère, le morceau de viande qui leur convient ; chacun puise àla terrine sa quote-part de bouillon aveugle, et quiconque veut se servir avant sonlour reçoit de rudes coups sur les doigts. Il y a de vieux routiers qui courbent lemanche de leur cuillère pour qu’elle contienne davantage ; quelle petitesse!

« Comme digestifs, j’ai l’exercice, la leçon de paquetage, le maniement des ai-mes et les classes! Ce mot renouvelle en moi de cuisants souvenirs ! Croiriez-vousqu’un barbare inslrucleur me fait trotter pendant une demi-heure à cru, sans lamoindre apparence de selle ! J’y songe d’autant plus vivement, que je suis assis pourvous écrire.

« lit puis, je suis accablé de corvées, corvée de pompe, corvée d'écurie, corvée defourrage, etc. Tantôt je pompe pendant une heure pour abreuver les chevaux ;tantôt, tenant en main un pinceau, plus vulgairement nommé balai de bouleau, jenettoie le sol de l’écurie, et transporte ensuite a l’extrémité de la cour le fumieramoncelé dans une lourde civière. Yoil'a trois jours, on m’a envoyé chercher dnfourrage au magasin. Je suis revenu portant sur la tête dix bottes de foin, serréesdans le moindre volume possible avec la corde à fourrage. Cette coiffure, appeléetrousse, colback, ou bonnet à poil, ne me sied pas merveilleusement, a ce qu’il pa-raît , car les gamins de l’endroit m’ont poursuivi de leurs sarcasmes pendant toutema route. Quelle humiliation pour un homme qui a fait ses humanités !

« Mon lieutenant, d’un ton goguenard et dégage,m’annonce pour demain une garde d’écurie. Aprèsavoir veillé pendant le jour a la propreté de l’écurieet a la bonne harmonie des chevaux, je passerai lanuit sans dormir auprès de ces heureux quadrupè-des, m’exposant 'a êlrc consigné par le maréchal deslogis de semaine si je me fabrique un lit de plumeavec deux civières et une botte de paille. A midi, lors-qu’on relèvera la garde, il faudra me présenter enpantalon de treillis, sabots cirés et musette au bras 1 -

« Vous voyez mes peines, chers parents; tâchezdonc de me faire rentrer dans le 6 e chapeau rond;sollicitez mon congé ; placez-moi où vous voudrez,dans une étude ou dans un magasin; mais rendez-moi 'a la vie civile, puisque la prolongation de la paixne me permet point d’espérer une glorieuse diversionh mes ennuis.»

Astreints aux mêmes travaux, les cavaliers de différentes armes devraient frater-niser ensemble; mais l’esprit de corps les sépare.

La musette est un sac qui contient les objets de pansement.