92 L’ARMÉE.
la guerre, les gendarmes attachés à l’armée en campagne rallient les traînards,poursuivent les déserteurs, reçoivent les plaintes des habitants et les protègentcontre le pillage; ils exercent une surveillance spéciale sur les domestiques, mar-chands a la suite de l’armée, vivandiers et cantiniers, qui ne peuvent s’établir sansl’autorisation du grand prévôt.
Le corps de la gendarmerie comprend :
La gendarmerie départementale à pied. 3,809 hommes.
La gendarmerie départementale a cheval.9,922
La gendarmerie d’Afrique . 708
La gendarmerie coloniale . 456
La garde municipale de Paris.5,244
Le bataillon des voltigeurs corses. 424
4 8,560
Chacune des vingt-cinq légions de la gendarmerie départementale est divisée encompagnies, lieutenances et brigades. Le colonel ou lieutenant-colonel chef de 1«'gion siège au chef-lieu de la légion ; le chef d’escadron commandant de compagnie,au chef-lieu d’un département: chaque brigade, composée de six hommes à pi e ^ou de cinq hommes à cheval, fait le service d’un canton. Si un aussi petit nombred’hommes suffit pour assurer l’exécution des lois dans les communes, c’est mom sparce qu’ils sont armés, que grâce a l’influence morale de l’institution.
N’est pas gendarme qui veut. Pour obtenir ce titre, il faut réunir certaines con-ditions d’âge, de taille, de service et d’instruction ; avoir de vingt-cinq a quaranteans, savoir lire et écrire aussi correctement que Lhomond lui-même, avoir servi ac-tivement pendant trois ans au moins; présenter des certificats de bonne conduite,d’aptitude physique et de toisageea présence d’un officier de recrutement ou d unmaire. On est alors clignus intrare; on peut s’offrir comme candidat au commaU'dant de la gendarmerie du département, qui soumet la proposition au chef de I e 'gion. Le ministre de la guerre décide de l’admission. Le néophyte se pare de sagrande tenue, comparaît devant un tribunal, lève la main, et prête solennellementce serment :
« Je jure fidélité au roi des Français, obéissance a la Charte constitutionnelle etaux lois du royaume ;
« Je jure en outre d’obéir à mes chefs en tout ce qui concerne le service auquelje suis appelé, et, dans l’exercice de mes fonctions, de ne faire usage de la f° rcequi m’est confiée que pour le maintien de l’ordre et l’exécution des lois. »
A partir de ce moment, il est en droit de faire des tournées, de dresser des p 1 ’ 0 'cès-verbaux, d’explorer les grandes routes, les chemins de traverse, les champs ctles bois, de faire cause commune avec les gardes forestiers et les gardes champêt rC *’de se battre avec les braconniers, et de gagner des gratifications et des indemn* teSen se faisant assommer par des voleurs.