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Tome cinquieme.
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L’ARMEE.

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Ne croyez pas que le gendarme soit comme le soldat du centenier ; il ne suffit pas9u’on lui dise : « Faites cela, » pour qu’il le fasse. 11 n’accorde son concours auxautorités civiles, judiciaires ou militaires, que lorsqu’il est requis en vertu d’unel°i avec certaines formules non impératives. Il ne s’emploie a porter des dépêcheslue si des événements imprévus exigent la transmission d’un avis urgent, et n’ob-tetnpère à l’invitation des particuliers que dans le cas de flagrant délit. Aux termesde la loi, il peut se refuser à extraire un prévenu de la prison s’il n’est accompagné del’huissier du tribunal. Il est témoin des exécutions, jamais acteur. Au mois de*Uai 4 850, un soldat du 50' de ligne, nommé Debuire, convaincu d’assassinat sur laP e rsonne de son sergent-major, allait subir le supplice. « Gendarme, dit un officierd’état-major, bandez les yeux au condamné. —Ça n’est pas mon affaire, répond lehrave gendarme; je le ferai si mon commandant me l’ordonne ; mais ce n’est pointdans mes attributions. » Le commandant consulta le comte de Wall, maréchal deCaQ ap, commandant de la place, et celui-ci déclara que ce devoir était celui d’unCa poral du régiment dont le condamné faisait partie.

Avec un chef meme, le gendarme conserve un certain degré d’indépendance.Qu’on lui adresse d’injustes représentations, qu’on veuille le contraindre h modi-** er les expressions d’un procès-verbal, il jouit du privilège de demander sa dé-mission, privilège dont l’exercice, h la vérité, l’exposerait à mourir de faim.

Le gendarme présente le phénomène d’un soldat propriétaire de sa monture etde ses armes : les conseils d’administration lui ont accordé, sur la masse de lac °nipagnie, une avance de 400 francs, avec lesquels il a payé son équipement etcheval à à tous crins, noir, bai ou alezan, bien tourné et d’un bon service. Legendarme vit bourgeoisement, quoique caserné ; il a dans la maison affectée à sari »ade son appartement particulier, son ménage, sa femme et ses enfants. OùP c ut~on être mieux? La sévérité militaire est toujours tempérée en lui parl’inof-e usive bonhomie du père de famille. Ce que ces fonctions ont parfois de rebutantes l compensé par les charmes de la vie d’intérieur. Pour oublier la face livide duc °ndamné a mort, les traits contractés du prisonnier, il n’a qu’à contempler les8 fa cieux et riants visages qui s’épanouissent autour de lui.

bile régularité exemplaire est exigée du gendarme ; jamais il ne commet d’action|l9i le mette dans le cas, s’il fait son devoir, de s’arrêter lui-même ; jamais il ne se•sseentraîner au charme des libations prolongées; s’il subissait pour ivrogneries Punitions de discipline à trois reprises différentes, il pourrait être immédiale-r* eni réformé. Il est tenu de rentrer à la caserne à neuf heures du soir en hiver, et^?nze heures en été ; il doit, avant de s’absenter, prévenir le commandant de la‘Sade; afin de le conserver tout entier à ses devoirs, on lui interdit de faire com-er ce, et de tenir cabaret *.

boniment se fait-il qu’on n’éprouve pas une admiration exclusive, universelle,p cet honnête et bon citoyen, pour cet énergique soutien de l’ordre public, pour

(,| ilonnancc du 29 octobre tS20.