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Tome cinquieme.
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L’ARMEE.

mesure de lutter contre son formidable ennemi. Outre les manœuvres d’infantericet le service de la pompe, il étudie assidûment la gymnastique, qui lui donne dela vigueur et de l’agilité. Une instruction spéciale assez étendue est requise de qui'conque aspire à un grade dans le corps. Un candidat sous-lieutenant doit connaîtretout ce qui est relatif aux manœuvres de la pompe; les dispositions a prendre pourl’attaque de toute espèce de feu; l’agencement de toutes les parties d’un édifice, etparticulièrement delà charpente; les quatre premières règles de l’arithmétique >les éléments de la géométrie jusqu’aux solides; on exige encore qu’il sache dessinerun plan, et possède parfaitement sa langue. Que de garanties pour la régularité duservice et la sécurité publique !

Tous les jours, le bataillon se distribue dans les postes des différents quartiers,ou dans les théâtres, concerts et salles de bal. L’industrie des sapeurs-pompiers 3longtemps changé leurs corps de garde en ateliers, où ils fabriquaient des épingleties,des agrafes en cuivre, des chaussons de lisière, des bagues et des chaînes de sûrete-Us ont gagné jusqu’à quinze francs par jour à ces travaux manuels, que la concur-rence leur a fait presque généralement abandonner.

Le préfet de police détermine la force du détachement à fournir pour chaqu ethéâtre. Il est ordinairement de douze hommes, commandés par un sergent;reçoivent du directeur une rétribution déterminée par le préfet. Ou se figure qu’ad'mis dans les coulisses, le pompier fraternise avec la troupe, courtise les figurantes!s’entretient avec les acteurs. 11 peut lui arriver, par fanfaronnade, de se vanterd’être au mieux avec certaine actrice, de connaître M. Alexandre Dumas , et d’avoirété consulté par M. Victor Hugo , pendant la répétition de Rmj-Blas. La vérité estque, la plupart du temps, il ne converse avec personne. Campé près du mctnlM 1 *d’arlequin, il écoute la pièce avec un muet recueillement, rit des saillies du coin'"que, maudit le traître, s’apitoie sur le sort de la victime; tout disposé à imiter c6vieux militaire, qui, voyant de la coulisse la Dumesnil jouer llodogune, lui cri 3avec accompagnement d’un coup de poing dans le dos : « Va-t’en, chienne! va 't’en à tous les diables ! »

C’est quand la toile est tombée que le rôle du pompier commence. Un rideau mfil de fer sépare la salle de la scène, la pompe est mise en arrêt, et ses longs tuy aU *serpentent sur les planches, comme la croupe du monstre envoyé par Neptune-pompier passe la nuit auprès de sa batterie aquatique, faisant des rondes par 1,1tervalles, et espionnant le feu près d’éclore pour l’anéantira l’instant. Ces préc 3Utions, loin d’être superflues, sont parfois insuffisantes, puisqu’elles n’ont pas 0111pêché la destruction de la Gaieté, de l’Ambigu , du Vaudeville et du Théâtre-Uavaif -L’Opéra a failli brûler récemment, le dimanche 17 octobre 1841. Un niach'niste avait mis précipitamment sa pipe mal éteinte dans la poche de sa reding 0 ^ e 'qu’il avait serrée dans une armoire du deuxième cintre; sans la surveillance ‘l 11sergent des pompiers, la flamme se communiquait de la pipe à la redingote, àe |aredingote au théâtre, et du théâtre au quartier.

En louant les vertus du pompier, devons-nous taire ses défauts, ou plutôt s |,adéfaut, le défaut unique qui l’expose à visiter souvent la salle de police. Il nous