Band 
Tome cinquieme.
Seite
117
JPEG-Download
 

KG OUi l’OLÏ I KG 11 INI OU K.

i r

de

ponts ; le rat de soupe est celui qui, arrivant trop tard a table, apprend à ses dé-Pens la valeur de l’adage : Tarde uenientibm ossa.

La matinée, sauf les courts instants d’un frugal déjeuner, est consacrée aux lé-sons et a l’étude dans les salles, dont chacune renferme un groupe de dix élèves.Cette décurie travaille de conserve, mange à la même table, couche dans le même( lortoir. L’intimité qui règne entre les compagnons de salle ne les isole pas du reste

de la

communauté. Aucune association n’est plus étroitement unie que l’école polv-

tec hnique; elle compose un corps indivisible, dont sont membres les professeurs eux-'"énies, ainsi que les capitaines inspecleurs, la plupart anciens condisciples. Lehuerai, juste et bienveillant directeur, est comme le chef patriarcal de cette famille.^ lle chaîne solide lie les élèves présents à l’école avec ceux qui l’ont quittée, avec lesCandidats qui seront admis dans son sein. Le grade et les insignes de sous-officiers,'Jccordés aux seize premiers de chaque division ne leur donnent aucune autoritéSUr leurs camarades ; les majors et sergents servent seulement d’intermédiairee ntre l es supérieurs et les élèves, de distributeurs de plumes eide papier h leursSa *les respectives, si bien que, malgré leurs galons, ils vivent avec les autresSu rle pj e( j d’une égalité parfaite. Jamais une mesquine jalousie 11 e trouble la con-c °rde générale ; jamais une rivalité toute naturelle n’empêche les élèves de sec °ttununiquer mutuellement leurs cahiers, leurs notes, leurs épures; les discus-Sl0 «s, inévitables dans toute réunion d’hommes, s’apaisent comme des orages pas-Sa §ers, et depuis la création de l’école (7 vendémiaire an III ), on 11 ’a vu qu’un seul^enipie de duel : querelle déplorable, dont les suites funestes, la mort d’un jeune0na nie aimé de tous, la ruine d’une famille, l’inconsolable douleur d’une mère^serrèrent les liens qui unissaient les élèves. Ils semblent avoir adopté depuis.||° Ur r ègle de conduite, les paroles prononcées par l’un d’eux sur le tombeau de la^riiate. « Camarades, que cetle mort nous serve d’éternelle leçon ! Avancez-vousers cette tombe pour y prendre cet engagement : celui qui aura fait l’offense, etae lui q u i ]’ aura re çuc, se détourneront un instant de leur chemin avant de marcher| U " c ontre l’autre; ils viendront demander il cette tombe, le premier, la force deConnaître ses torts, le second, celle de pardonner. »

,^ e vivifiant esprit de fraternité a produit une admirable institution, celle d’uneai sse permanente, destinée a secourir ceux qui sont hors d’étal de payer la pen-S|Qtl annuelle de J,000 francs. Deux caissiers, désignés parles élèves de premièrelt) oée p our i’ ann ée suivante, sont chargés de rechercher secrètement les conscrits

peu £• ? vj ^

fortunés. L’autorité de ces caissiers est absolue, sans contrôle; ils fixent le: nta nt de la cotisation trimestrielle, le perçoivent après avoir prévenu quinzel e ^ rs a l’avance, pour éviter tout retard, et répartissent comme ils l’entendent* fonds recueillis. M. le duc d’Orléans envoie annuellement 4,000 francs à laSe l’école. Les noms des boursiers ne sont jamais révélés ; personne ne clier-., a les connaître, personne 11 e s’enorgueillit individuellement du bienfait. Il n’y

IJlle seule bienfaitrice, l’école, et elle ajoute au mérite de la libéralité celui^ a Plus complète abnégation.

“* l’onne intelligence qui règne entre les polytechniciens se manifeste durant