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LES ÉCOLES MILITAIRES.
préoccupe singulièrement : je veux parler d'une broche de fer assujellie à un‘‘chaîne de cuivre, qu’on attache au deuxième bouton. Au premier abord, vous pr e 'nez cela pour un cure-dent, vous ignorez encore a quels nombreux usages vousservira par la suite cet instrument, qui n’est autre chose que l’èpinglelte; l’épi 11 'glette, chère à l’ancien, apanage de sa domination tyrannique, et proscrite au recruejobard ' ; l’épinglette que Y officier - vous chippera plus d’une fois pour débourrersa pipe et fabriquer des chaînes, par-dessus lesquelles vous sauterez le saint jour d el’extinction des brimades. Ainsi ficelé, la métamorphose est complète, vous ête sdevenu une horrible chenille. — Allons, jeune homme, un dernier baiser à vos P a 'rents, un dernier baiser sous lequel votrecœur gonflé de tristesse est prêt à s’abîmer;mais la sensibilité doit paraître chose inconnue : versez une larme furtiveretenez celles qui veulent s’échapper ; pins tard, dans le silence de la nuit, vousleur donnerez un libre cours, et je vous le prédis, vous en verserez en abondanceUne porte s’est refermée, vous voila seul ; malgré votre courage, vous frissonnéinvolontairement. Le guide vous conduit au cabinet de service. En chemin, vousavez déjà dans les corridors rencontré deux ou trois anciens qui, le bonnet de P°
et
lice sur le côté, les mains dans leur fausse-manche s , vous ont regardé d’un
œil
farouche, et se sont ensuite éclipsés pour aller dans la cour répandre la noude votre arrivée. Sur un ordre du capitaine, arrive un ancien de votre compagnie
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ancien, c’est votre instructeur; pendant un an, vous lui devez le respect et l'obéissantd’un fils pourson père. Il sera votre protecteur pendant les brimades, il vous app 1 ' 6 "dra comment on astique son fusil, et comment on bahute son lit dans le bon style-est aussi chargé de votre éducation militaire. Après s’être informé de votre nom •« N’ayez pas peur de la brimade, vous-dit-il, on n’en meurt pas ; mettez votre bounet de police bien perpendiculairement, rentrez le gland ; donnez-moi votre epm^glette, ne faites pas l’amateur et tout ira bien. » Après cette courte alloculiou, 1vous prend le bras, vous vous laissez conduire.
Cependant la nouvelle de votre arrivée s’est déjà répandue, on vous attend av^impatience. A peine avez-vous paru, qu’une vedette vous signale, en criant: Urecrue! Ce mot produit un effet magique : aussitôt le cercle des promeneurs eslrompu, soixante anciens se précipitent sur vous. La terrible brimade comm ence jil faut boire le calice jusqu’à la lie. « Votre nom ! monsieur! votre nom ! s’écrieen vous bousculant, et d’un air de furie, vingt anciens à moustaches, dont la t® teest couverte d’un bonnet de police cassé, crasseux, culotté comme une vieille P'Pf ?et posé d’une manière tellement oblique, qu’il masque tout le sourcil et une P ar ^de l’œil droit. — «Votre nom! volaille! votre nom! vilain recrue! vous disent ' 1en vous mettant le poing sur la gorge. Votre nom! monsieur!... cent fois! deu*
1 Imbécile. Ces deux mots sont sans cesse accouplés.
3 L’ancien se donne le litre d’officier.
■ La fausse manche est un plastron de toile bleue avec des manches. On 1. met pour préserver l'habit :chacun porte en blanc le numéro matricule de l’élève auquel il appartient. Quand il fait froid, clic» ^ e « là abriter les mains. On y met ses théories, son mouchoir, son tabac : c’est, en stvle saint-evrien. un 'n/ilim général.