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soutenu par deux rangs de colonnes. ICnire elles et les murs, une quarantaine de laid?*rondes de douze couverts sont disposées les unes à côté dns autres: votre place estmarquée a l’une d’elles. La brimade recommence, maisd’une manière plus paisible-C’est du reste un supplice d’une autre sorte : cuiller et fourchette, tout vous est en-levé; il vous faut manger les haricots un à un avecl’épinglette et h travers le rond de b*serviette, puis tourner la salade les coudes au corps, faire hommage de votre viande al’ancien pour son cornard boire du vinaigre au lieu de vin, puis faire la nomencla-ture du quinquet suspendu au milieu de la table, et une foule d’autres choses pl ,,sou moins insignifiantes. Le souper terminé, l’on se rend dans les salles, le denu-balaillon de droite, ou les chameaux 2 dans l’une, celui de gauche, ou les c/raines,dans l'autre. Quelques lampesfuineuses jettent une triste clarté sur la récréation q 111consiste îi tourner par groupes de quatre à cinq autour du rond. Les gradés ont seulsle droit de se promener dans l’intérieur. Les anciens peuvent le traverser, le recruen’obt : cnt jamais celte faveur. Il doit tourner sans cesse sur la circonférence d?cette roue d’Ixion : la franchir est la plus grave insulte qu’on puisse faire aux an-ciens. Le rond est un sanctuaire interdit pendant un an aux pieds profanes <1"recrue. Les jours de celui qui braverait cette interdiction ne seraient pas en sûreté •'peut-être serait-il lapidé comme saint Etienne ; autant vaudrait cracher au visagedes anciens ou arracher la barbe d’un musulman. Avant l’abolition de la terriblepresse 3 , cechâtiment était l’inévitable punition de cet outrage. Bien des duels à h 1sortie n’ont pas d’autre motif. Le recrue tourne donc sans cesse, et la brimaireoommence pour lui avec fureur. 11 préférerait, je crois, le supplice des danm eSqui, dans un des cercles de l’enfer du Dante, restent immobiles sous leur rt> a "'teau de plomb, aux outrages dont il est abreuvé pendant cette heure fatale q”' asuffi a chaque ancien pour lui faire une blessure plus ou moins profonde. Enf'»-la retraite sonne, l’on monte en silence au dortoir : chacun se couche, le hru' 1s’apaise par degrés. Avec quel bonheur l’on s’enfonce dans les draps, jania |Slit de plumes ne vous a paru plus doux que voire couehetle de fer et les deux mat 6 'las aussi minces que du parchemin sur lesquels vous dormirez pendant deux »» s-Les larmes comprimées jaillissent en abondance et soulagent le cœur. Adieu, » t0 ”beau passé! adieu, madouce vie de famille ! ad... l’an! un sacd’une quinzainelivres, poussé par une canaille 3 d’ancien qui couche de l’autre côté de la cloison -vous arrache à vos rêveries et vous rappelle que vous êtes en enfer au milie 11 (,eSdiables. La nuit prochaine, ce sera une vexation d’un autre genre, comme de l’ ea "froide jetée dans les draps ou bien le supplice de l’omelelle. Voici en quoi il consis^Au milieu de votre sommeil, quatre vigoureux anciens saisissent votre lit; elretournent comme une omelelle. L’on se réveille alors en sursaut la face conl ,e
' Cumme au déjeuner et au goûter oii ne mange que du pain sec, on économise sur son dîner, et 1 011ce qu’on appelle un petit cornard.
3 Chameaux, les grands. Les graines, les petits; de la graine à faire des grands.
5 Châtiment terrible qui 11 existe plus. On jetait le recrue dans mie encoignure, et on se ruait M ilun le pressait avec les coudes. Quelques-uns ont eu les côtes défoncées.
4 A Saint-Oyr, on se sert de cette épithète à tout bout de champ.
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