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LES ECOLES MILITAI UES.
et de déraciner l’orgueil et la fierté que certains élèves, favorisés par la naissanceou la fortune, apportent en entrant à Sainl-Oyr. L’abolition de cet usage est doreste très-difficile, car il a poussé de profondes racines. A l’école impériale d<’Fontainebleau , ces vexations étaient encore bien plus fortes qu’a Sainl-Cyr. Plusieursmalheureux recrues se sont vus suspendus des heures entières à des fenêtres d’u»second étage et enfermés dans des sacs à distribution; a d’autres, on allait jusqu’ 8leur prendre mesure d’habits avec des pointes de compas. Depuis un an, * 8brimade a été suspendue, et les anciens, malgré tous leurs efforts, n’ont pas encorepu parvenir a régénérer le système. Le général a adopté pour cela le seul moyenpossible. Il a isolé les différentes promotions. Les anciens qui, par suite de la ré-cente augmentation du nombre des élèves, ne sont que cent quinze, pour près decinq cents recrues, sont relégués dans une petite cour, et u’ont aucune espèce derelation avec les nouveaux venus. Ce système durera-t-il longtemps encore? c'est-ce que l’on ne peut prévoir. Il est en contradiction avec le principe fondamentalqui, depuis la formation de l’école, avait été la base du genre d’éducation de cliaq" 1 ’élève. Ce système consistait à charger chaque ancien de l'instruction militaire d’n"recrue. Lejeune élève auquel, à son arrivée au corps, on faisait le reproche, souve» 1mérité, de ne pasavoir le ton du commandement et de ne pas être au fait des détaildu service intérieur de sa compagnie, méritera ces reproches à de plus justes tif' eSencore. L’intention est bonne, peut-être les résultats n’y répondront pas d’n""manière satisfaisante Peut-être en voulant éviter un abus est-ori tombé dans degraves inconvénients. Du reste cet essai n’a pas encore été consacré par l’usage ; I’ 8 "venir seul décidera si la brimade et ses inconvénients n’étaient pas préférables 8ceux du système nouvellement adopté. Une fois que les anciennes traditions sero« lperdues, on reviendra sans doute au mode suivi précédemment. La brimade set' 8morte à tout jamais. Une juste sévérité, une surveillance de tous les instants, q'"’ 1 'ques exemples donnés à propos suffiront pour empêcher ces coutumes barbares deieptendre racine. La discipline et 1 esprit de corps auront ainsi gagné leur procès-
Ce temps d’épreuves expiré, la vie de l’école reprend pour tout le monde so"cours fatigant et monotone. Ions les jours de ces deux années se ressemblent coin"'"les graduations d’un cercle. C’est une série continuelle d’études et de classes, d"théories et de manoeuvres qui, depuis cinq heures du matin jusqu’à neuf heures d"soir, tiennent en baleine le futur officier. Il faut qu’il gagne laborieusementses ép 8 "'lettes. Dans les rangs la moindre négligence est punie.
Insensiblement les caractères des nouveaux venus se dessinent d'une manié' 1saillante. Anciens et recrues, tous prennent les mêmes allures, adoptent le mê" 1 *langage, alors apparaissent des types principaux que l’on peut ranger dans les cate-gories suivantes
En première ligne le balinteur, la pratique ou sujet. Cette catégorie est la I’ 1 "/'nombreuse et la plus difficile a conduire ; elle est redoutée par les adjudants et el" î 'rie par les marchands d’eau-de-vie et de tabac, denrées dont elle fait une effray 8 " 1 *’consommation. Les balmteurson! un goût particulier pour la pipe ou bouffarde- b**uns payent « et 10 francs une pipe d un sou bien culottée : les autres se font