ÉCOLE DE SAItNT-CYB. 155
des dents pour pouvoir Vemustrer plus facilement dans la bouche. Ils parlent l’argot‘leSaint-Cyi- dans toute sa pureté, lisse reconnaissent à la longueur du gland de leurl, oiniet de police et à l’exagération avec laquelle ils obliquent; un tuyau de pipe quipasse par mégarde de leur poche leur fournit souvent l’occasion de •grimper à las alle de police. Du reste le bahuleur a le goût essentiellement militaire. Il remporte,es prix à la cible et abat le tonneau au polygone. Il tient a honneur de rester ga-pendant son séjour à l’école. La seconde année, il est en opposition avec lesgradés qu'il appelle par dérision marchands de peaux de lapin, et il brime lerecrue h mort. Après lui vient le ftviatique, ressemblant au premier pour lesallures, mais un peu plus travailleur par crainte de la fruit-section. Ses plaisirs'avorissont d’astiquer son fusil et de commander l’exercice. Les guerriers marchente »suile : c’est une classe paisible et débonnaire, calme dans le beau temps, etdisant quelquefois sa part du tumultuaire vacarme. Elle passe inaperçue, échappeil buis les naufrages et arrive très-gaiement au port.
Puis enlin la classe des potasses ou travailleurs , nommés aussi mauvais soldats ;'* s se complaisent dans le travail, sont très-bien cotés dans leurs cours et très-malPar leurs capitaines, car leur tenue est généralement fort négligée. La secondeannée, les trois dernières catégories alimentent la classe des grades, classe réprouvéePar Ions les bahuteurs. Leur position est très-délicate. 'Étant en contact immédiatavec leurs camarades, suivant les memes cours et destinés au même sort ; forcés,d’un autre côté, par les exigences de la discipline de les punir quelquefois avecsévérité, il leur faut du sang-froid, de l’énergie et de la justice. Bien peu parvien-nent à se concilier et l’estime de leurs chefs et l’amitié de leurs camarades. L’anlle rnier, une révolte sérieuse, à la suite de laquelleun nombre considérable d’élèvesllu expulsé, éclata par suite de la haine qu’on portail a un des sergents-majorsdepuis la galion de l'ordonnance royale de 1852, qui a permis aux sol-
lla| s et sous-officiers des régiments, qui auraient moins de vingt et un ans d’âge,<le se présentera l’école, un grand nombre de ces derniers est entré chaque an-née h Sainl-Cyr. Ils travaillent généralement avec beaucoup d’assiduité. Étant pluset ayant joui d’une liberté plus grande que ceux de leurs camarades qui sortentd" collège, ils supportent avec plus de résignation les exigences du service de Pé-nale . Beaucoup d’entre eux possèdent déj'a l’habitude du commandement; aussiSl >nt-iis généralement investis des fonctions délicates de gradés. Dans le principe,'amalgame fut très-difficile à faire, mais maintenant la fusion est opérée complète-ment, et les sous-officiers sont tout à fait impatronisés dans l’école. Parmi les''"urses nombreuses que l’état et S. A. B. le duc d’Orléans affecte sur sa cassetteParticulière aux jeunes gens qui ont été reçus par les examinateurs, et auxquelsle «rs moyens de foi lune ne permettent pas de payer le prix annuel de la pension,beaucoup jouissent de celte faveur. Tous s’en montrent dignes et acquittent, par'cur travail et leurconduite, la dette de la reconnaissance. Le régime de cette petite'■'donic militaire ayant beaucoup de ressemblance avec celui des collèges, leursn "curs doivent s’en ressentir. Comme au collège, en effet, l’on aime avec passion le"il défendu : beaucoup ne fument que pour ce motif.
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