6spèce ; lu foule des jeunes ol'liciers récemment sortis de l’école, et qui viennentluire admirer leur brillant uniforme il ceux qui aspirent après : tout contribue a l’a-"tmalion de la scène.
Ainsi s’écoulent les deux années. Plus le temps de la sortie approche, plus l’im-Patience augmente. C’est un balancier dont les oscillations semblent se ralentir«Imque jour. Les derniers sont interminables. Ils vous apparaissent comme des effets<le mirage,et l’on craint qu’ils ne s’évanouissent. Quelques semaines avant l’époque,Ie la sortie, les bahuteurs coupent chaque jour une frange au gland de leurl >0 nnet de police. Quel bonheur lorsqu’il n’en restera plus qu’une. Les autres ont^ es almanachs sur lesquels ils effacent au fur et il mesure les jours écoulés. Ils se%urent prêter des ailes au temps qui marche a pas comptés. Étrange erreur, sem-^ble et involontaire comme le mouvement de celui qui, dans une voiture, em-portée sur une pente rapide, se cramponne en arrière pour diminuer la vitessesa course. Oh! quelle félicité pour le malheureux de pouvoir s’écrier, a l’ap-P r ochedes examens: « L’oflicier est pékin d’un cours. »
Quel heureux jour que celui où ils débouchentdans la cour, portant a leur bonnet( * e Police un papier sur lequel sont écrits en grosses lettres le nom‘et le numéro du'«Situent dans lequel ils ont demandé à être placés ! Ce jour-l'a, toute la solde yPosse, c’est à qui se fendra 1 d’un paquet de sucre d’orge de la boutique du pèreWugram. Et ce jour de la revue d’honneur, après laquelle ils s’écrient tous enel >œur : « L’arme bras II! L’oflicier est pékin de tout! » lîniin l’heure de ladélivranceu sonné! Partez, jeunes oiseaux ! votre cage est ouverte, la liberté vous est rendue !
otirnez vous asseoir au foyer paternel, l’on y a religieusement gardé votre place.’' e jour de la sortie est un jour d’ivresse, qui se manifeste par des cris et desH'ttnbades à faire croire que l’école est devenue une maison d’aliénés. Les bouquins
^ 0l )tles feuilles n’ont pas servi a faire du papier nitré pour allumer les pipes sont
mis
Keti
Porte
«Puis.
en mille pièces, ou réunis en tas pour l’auto-da-fé. Les formalités remplies, la
dam
de
est ouverte, chacun s’y précipite, et court a en perdre haleine. L’on s’arrête, et semblable a celui qui vient d’échapper a un danger mortel, l’on se tâte
s la crainte que ce ne soit un rêve. Mais une fois que l’on a acquis la certitudeson existence, l’on est ivre de joie, l’on ne se contient plus. La défroque de Saint-C 5T> reléguée dans un coin, est bien vile bridée ou mise en pièces. Les galettesSe ules survivent au naufrage, on les garde comme un souvenir du malheur passé;«'les servent aussi de pelotes et de porte-montre.
Avec la liberté, toutes les illusions reviennent. Pendant quelque temps, la vie11 est que jouissance ; les cinq sens ne suffisent pas pour les percevoir toutes.
Nous qui avons passé par cette rude épreuve, nous regardons comme le plus«au jou r t j e no i re vie celui où nous avons dit a l’école un éternel adieu !
^ e Puis quelques jours nous avons perdu de vue nos jeunes Saint-Cyriens, cr-a cette heure dans les innombrables rues de la capitale et se livrant à leurs
'mu
v . Sl ' fendre, acheter, donner. La seule chose qu'on puisse acheter est du sucre d'orge, que vend unl’®"* tambour appelé Wagram, parce qu’il y battit la charge. Dans les dortoirs, lorsqu'on astique et queviprit de vous donner votre solde ( 10 centimes par jour ), chacun joue à pile ou face à qui se /endi «!| P'U|'io| île sucre d'orge.