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joyeux ébats. Prenons le chemin du Palais-Royal , nous nous trouverons au ■ niil* el1d’eux tous.— Adolphe! une gazette! le Messager, journal du soir ! Allons, bahut)du leste ! s’écrie la bande joyeuse en débouchant dans l’estaminet des Mille—Co-lonnes. L’un d’eux, debout sur une table, réclame le silence et lit à haute etintelligible voix la liste des bienheureux dont les brevets ont été soumis à la signa-ture royale. La nouvelle promotion vient de paraître dans le Moniteur. Ils ontenlin obtenu le droit de porter cette épaulette tant désirée, et désormais : —par le roi! sous-officiers, caporaux et soldats, vous les reconnaîtrez pour vossous-lieutenants ; et vous leur obéirez en tout ce qu'ils vous commanderont po n1le bien du service et l’exécution des règlements militaires. Telle est en effet la I 01 'mule de rigueur par laquelle ils doivent être reçus au corps, avec accompagnément de musique et de tambours. Bien que malgré la récente augmentation d cleur solde il leur soit difficile d’acheter, comme Georges Dickson, des cliàteauO'sur leurs économies, ils répètent néanmoins avec gaieté le refrain de la Dame Bl aH 'cite. Le tout pour piler la semaine 1 , passer la jambe militairement 2 sur toutes l eSroutes d’étapes, et coucher aux frais du gouvernement chez les bourgeois soumis*' a
servitude du logement militaire.
L’arme bras ! vive l’officier !
s ecne
le lecteur.
en prononçant le dernier nom, et l’auditoire ferme le ban 3 et répèle avecenthousiasme le joyeux hourra. Cependant les groupes se succèdent, la salle s’emplit inseusiblement comme un parterre avant le lever de la toile ; la joie rayonne sur tous I e *visages.— Ohé, les amis! ohé, les bahuleurs! on le lient donc en fin ce brevet. GurçoU-du tabac, des pipes culottées, du punch à mort! l’officier veut mettre à sec t ° 11établissement. — On y va,monsieur, on y va. lin un clin d’œil les tables sdressées et l’orgie commence. Les flammes bleuâtres du punch et la blaud |Cfumée du tabac s'entremêlent et se confondent. Les verres résonnent comme 11 acliquetis d’armes. Les yeux étincellent ; les figures, colorées par ce feu de Bengd’une nouvelle espèce, sont pleines d’animation. A l’aide d’une queue de bill» 1 ^’chacun d’eux monte tour a tour sur une table, et pérore l’assemblée. A voirligure livide de l’orateur, animant avec une cuiller d’argent l’incendie du li‘1 111embrasé dont les flammes se tordent à ses pieds, et s’élancent vers lui commelangue de feu d’un infernal serpent, on dirait un diable appelant d’autres démo nau sabbat. Cependant le vacarme continue et va crescendo. L’orchestre ! la musi<lU cla Marseillaise!!! Enlin il se fait un moment de silence; les verres sont remplis » p' cl1bords. — A l’union de l’infanterie, de la cavalerie, du corps royal, de tout le l,e> j eblemenl! — Nous sommes tous Frrrançais! s’écrie un des assistants ; et la voixl’orateur est aussitôt couverte par d’autres, et le punch coule a flots, et les pl® levolent dans le jardin, et les chansons â boire se succèdent sans interruption, et l 010ne cesse qu’avec le jour.
1 Faire la semaine dans une compagnie. Les deux ofliciers alternent entre eux et fout chaque set» 3 'le service. Chacun d'eux est tour à tour oflicier de semaine.
5 Parcourir la route. Cette expression est tirée de la théorie. r la
3 Dans toutes les réunions militaires, après un discours ou une chanson, l'auditoire applaudit *même mesure que celle suivie par les tambours lorsqu'ils ferment le liait après la réceplion- ^ ,1,.
* l-'niit-ÿcctùiti, être fruit sec. On appelle fruit seca Saint-Cyr celui qui, pour n'avoir pas I’ 1 'h ms examens, ne peut passer oflicier.