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Tome cinquieme.
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M2 LES ÉCOLES MILITAIRES.

maison, on dirait le retour de l’enfant prodigue : rien n’est épargné pour lui faire unebonne réception. On n’a pas voulu avant sou arrivée entamer les nouvelles provisionde confitures ; pour lui, ses sœurs ont appris des recettes pour faire de la pâtisserieet des friandises.— Ce pauvre garçon! dit la vieille bonne, U a besoin de se refaire, il**tant travaillé dans son bahut ! car 'a force de le répéter, le jeune Saint-Cyrien a greffece mot dans la maison ; il y prendra racine et fera désormais partie du dictionnairehabituel de la conversation. Les jeunes personnes surtout bénissent son retour-Elles ont organisé d'avance des proverbes et des charades dans lesquelles il d oltjouer le principal rôle. Elles comptent aussi sur sa complaisance pour égayer par seshistoires les longues soirées d’hiver. — Quand mon officier sera sorti de Saint-CH 1 ’je donnerai un bal à son honneur, a souventrépété la mère, et lecœur de cesjeun esfilles bat de plaisir a l’idée de la contredanse. Aussi à la fin du congé tout le monde

travaille pour lui. 11 n’y a pas une amie de sa sœur qui n’ait ourlé quelques cravates,

marqué quelques mouchoirs, et fait quelques points a ses pantoufles. Heureux jeunehomme , au trousseau duquel les grâces et la beauté travaillent a l’envi ! Ménagez-!* 3bien, ce trousseau! Recommandation inutile, car vous n’en connaissez pas le pr**'Vous u’avez rien déboursé, vos parents seuls se sont chargés de ce soin. Le budget devos dettes est encore a l’état de néant, ne vous pressez pas de le couvrir de chiffré'Tôt ou tard vous apprendrez à vos dépens cequ’il en coûte pour solder des mémoire 5et acquitter des billets. Celle douce vie de famille touche à son terme. Le jeune offi-cier, après avoir emballé son trousseauets’être muni d’une ample provision de carteseo

porcelaine, de vernis pour ses bottes, de gants beurre frais, et de tous les accessoired’une toilette recherchée, s’embarque pour son régiment. Le chagrin d’avoir quitté 1»maison paternelle est bien vite dissipé. 11 est impatient d’arriver à son nouveaucorps, décommander à des hommes, d’entrer dans une famille qui lui est inconnue,et de mener une vie libre et aventureuse dont il n’a pas encore goûté, et qui ! U1apparaît sous des couleurs enchanteresses. Tout est nouveau pour lui et partau 1plein de charmes. Notre heureux mortel vient enfin d’atteindre ce but tantdésir e ?ce rêve si souvent poursuivi a reçu son accomplissement.

Il est au comble de ses vœux; fier de s’être acquis par de longues études une p°silion honorable qui lui permet de marcher la tête levée, et le met en contact aveules plus hautes classes de la société, il aime déjà son régiment comme une secouéfamille : dans son cœur, l’amour du drapeau a remplacé celui du foyer domesliq ue '

Il comprend que d’un moment à l’autre il peut être investi de fonctions p* 31 '*leuses, importantes, qui le mettront à même de se faire une réputation glorieu®^et méritée. Tant de généraux distingués et de maréchaux illustres sont partismoins haut, et ont cependant inscrit leurs noms sur les pages immortelles du 1> V *de l’histoire ! Et pourquoi l’occasion ne se présenterait-elle pas aussi pour lui?

La musique militaire, la détonation des armes dans les manœuvres, l’odeurla poudre qu’il y respire, tout le fait tressaillir; il trouve de la poésie â la vue 11régiment.

° . I le

L’espérance lui sourit sans cesse; nuit et jour des rêves de gloire viennen

caresser de leurs ailes. U’un moment a l’autre, il s’attend à passer la mer; daiissoU

imagination, il cingle déjà, toutes voiles dehors, vers la terre d’Afrique , et va -