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LES ECOLES MILITAIRES
l’air do la liberté. Courage, candidats laborieux d’une place qu’aucun de vous nevoudrait céder pour un fauteuil 'a l’Académie ! Soyez sourds aux bruits de l’orgie 1ne prêtez pas l’oreille aux chants d’allégresse de vos jeunes amis d’école, laissez-les s’admirer dans leurs nouveaux uniformes. A l’œuvre, car le temps de piochen est pas fini pour vous; fuyez le monde et ses divertissements, et demandez àl’étude vos seules distractions. Chacun d’eux, la tête dans ses mains prépare sesréponses et étudie l’histoire des campagnes de l’empire sur les charmantes aqua-relies qui tapissent toutes les salles des archives du dépôt de la guerre.
Enfin le jour de l’élection arrive ; nous ne redirons pas la joie des élus, ' atriste figure des autres qui vont dans leurs régimenls se consoler de leur mésaven-ture, ou se préparer a recommencer la lutte pour Tannée suivante. Accompagnons-les, en bons camarades, dans la cour des messageries, et, après leur avoir pressela main et souhaité un bon voyage, laissons les lourdes diligences les emporter augrand trot vers leurs garnisons respectives, a toutes les extrémités de la France ,revenons à nos jeunes sous-lieutenants élèves de l’école d’application.
Invités aux fêles brillantes de la cour, des ministères et des ambassades; admisdans tous les élégants salons de la capitale, ils y peuvent respirer ces parfums debonne compagnie et cette atmosphère pleine de fascination et de délices de la sociétéparisienne . Pour eux, liberté pleine et entière de fouler Tasphalle des boulevards-ou les dalles des passages. Bals, concerts, théâtres, suivant leurs goûts et la capaci |1 'de leur bourse, ils peuvent prendre part depuis cinq jusqu’à onze heures du soi''à tous les plaisirs que Paris leur offre en abondance, car cette heure est pourl’heure du couvre-feu. Pendant le carnaval, la onzième heure du soir est une heurefatale, vouée à l’exécration, et que Ton aimerait beaucoup mieux consacrer au*dieux infernaux et aux bacchanales des bals de la Renaissance. Avec elle s’évanouis-sent tous les plaisirs. Allons, jeunes amants, qui, comme Juliette et Roméo, ou-blieriez si volontiers que le soleil va paraîlre et que l’oiseau a déjà chanté dans I ebocage, séparez-vous, la douzième heure approche. Et vous, beau cavalier, f»5' ei!l’ivresse du bal, et les salons étincelants de lumière, et les voix harmonieuses del’orchestre, et ces femmes roses et blanches qui se balancent moelleusement a«*sons de la contredanse, comme ces lis parfumés qui se bercent sur leur tige Ini-que le zéphyr leur envoie ses baisers amoureux; cinq minutes vous restent p ütl1rentrer à l’hôtel, encore tout ému des souvenirs délicieux de la soirée.
Les omnibus qui conduisent à la rue de Grenelle-Sainl-Germain retentissent sou-vent de leurs plaintes. Le soir, ces voitures sont remplies de jeunes élèves; I e c °'cher, qui les connaît, s’arrête de lui-même devant le n° -150, où ils se précip itel1 ,pêle-mêle dans la loge du concierge pour y inscrire leurs noms sur le cahier destin 1 -à cet usage. Après avoir pris leurs clefs, avec les leltres et les caries de visite q l,ppendant leur absence on a déposées pour eux, ils remontent dans leurs cham-bretles solitaires, en chantant quelque refrain de l’opéra ou du vaudeville q l1 ’ l,i ’viennent d’entendre. Grâce aux briquels phosphoriques ( sans odeur ni éclat’ 111son le paquet, deux sous la boîtef), que, pour faire l'aumône, ils ont acheté erentrant aux aveugles du Pont-Royal, ils allument bien vite leur bougie de 1 fi-W'Avant que la cire n’ait eu le temps de s’échauffer an eonlael du feu et de jet 01