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Tome cinquieme.
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ECOLE LVETAT-MAJOK.

I 51

l'as deux ou trois bals en leur honneur. C’est une si rare occasion que celle de pou-v oir organiser une soirée où d’un coup de baguette cinquante danseurs infatigablesapparaissent comme par enchantement. Avant le retour à Paris , tous se réunissentv crs un centre commun, et organisent une joyeuse partie de jeunes gens. Les don-J°ns et les vieilles tours eu ruines ont depuis quelques années le privilège d’être* e théâtre de leurs fantatisques exploits. La flamme du punch illumine les sou-terrains, et les chœurs infernaux de Robert le Diable retentissent sous ces case-mates qui, depuis le moyen âge où les ribauds, ribaudunls, faisaient retentir lesec, ‘os de leurs chansons a boire, étaient restées muettes et silencieuses. Certes, ledonjon du Château-Gaillard, où Marguerite de Bourgogne fut pendue pour crimed’adultère, ne se doutait pas alors qu’un jour de joyeux officiers viendraient,a oimés par le punch, y danser la ronde du sabbat, et y réciter ces tirades qu’Alexan-d p e Dumas met dans la bouche de l’héroïne de la tour de INesle.

Cependant la saison des plans approche de sa fin. Les jeunes topographes plientEngage, s’embarquent sur les nombreux bateaux a vapeur qui sillonnent le cours de

Seine, et retournent gaiement a la rue de Grenelle .

Du mois d’octobre au mois de janvier, l’école est plongée dans le calme et l’étude.Ije temps de pioche est arrivé. Les bougies, dont pendant huit mois chacun d’eux'"'ait à peine consommé une demi-livre, vont constamment brûler pendant une par-tie de la nuit. Elles serviront a éclairer les veilles laborieuses des élèves qui se pré-parent a l’examen de fin d’année, qui doit leur ouvrir ou leur fermer d’une manière'•élinitive les portes dn corps royal d’état-major. C’est à qui rivalisera de zèle, aucun^ eux ne veut arriver le dernier au but. Beudant tout ce temps, 1 etude seule lesabsorbe, ils sont sourds aux bruits du dehors, et beaucoup, pendant le temps deP*°che, ne franchissent jamais les ponts et restent sur la rive gauche de la Seine,( lans leur paisible et aristocratique faubourg. Les plaisirs de l’étude et du coin dufeu tels sont les seuls qu’ils goûtent. Leur unique distraction consiste a changer et4 échanger la distribution du trophée que chacun d’eux possède, et pour l’orne-ment duquel ils exhibent les cornes de cerf, poignards, lames de Tolède , yatagans,Piolets, fusils, sabres, épées, cannes, fouets de chasse, cravaches, éperons, hausse-Cols > galettes de Saint-Cyr, etc., qui sont en leur possession.

Ainsi le temps se passe jusqu’au mois de décembre, époque des examens. Quel-les jours avant le nouvel an, la première division dit adieu a l’école, dont plustar ü elle regrettera souvent la vie, et fait place à la nouvelle promotion. Oh! oui,P'«sd’une fois, au milieu des tracas du service et des ennuis d’une insipide gar-nis °n, ces jours joyeux de l’école d’état-major sont venus frapper notre souvenir,Souvent nous nous sommes pris a pousser un soupir de regret sur cette vie labo-'’ouse et gaie, où les plaisirs et l’élude se disputaient tous nos instants; sur cesbltes brillantes où nous respirions si bien ce doux parfum de la bonne sociélé pari-S,en 'ie; sur ces charmantes réunions du samedi où, dans les salons du général, nouslr °uvions bon ton, société choisie et gaieté franche et sincère ; sur ces jours bruyants^ carnaval où, trompant la police pour aller passer une nuit au bal masqué, au1 ls, l>ie des punitions, nous nous confions aux fragiles barreaux d une echelle de coi-1 Ps j pour courir à la Renaissance assister au galop infernal.