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Tome cinquieme.
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LF, 15 A S-li I, KL 1 .

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'cuirs poétiques. Saplio, aussi célèbre qu’IIomère; madame de Sévigné, qui a crééla langue française en même temps que Pascal ; madame de Lafayelte, et de nosjours deux ou trois femmes, illustres entre tous les écrivains de ce siècle, l’une (pii:l retrouvé la plume de Jean-Jacques Rousseau à ses beaux jours d’élincelanle cLcloquente poésie ; l’autre qui est un poète charmant, maniant avec un esprit égalle vers et l’épigramme; et celle-ci, dont l’élcgie touchante a fait verser bien deslarmes; et encore deux ou trois femmes qui se sont fait adopter, par le public, pourla beauté de leur esprit et pour la modestie de leur vie; mais ici il ne s’agit pas desexceptions, il s’agit do la foule: il s’agit de trouver remède a un grand malheur,Il s’agit de signaler une affreuse plaie, la plaie du bas-bleu, la misère de la femme( le lettres, et. toutes les haines, et toutes les calomnies, et tous les mensonges, et lesdéli res de tous genres, qui se rencontrent au fond de ces existences abominables dontla création est toute moderne, Dieu merci !

Sans doute, sans doute, cette plaie des gens qui écrivent en dépit du sens com-mun, et n’ayant pas d’autre Apollon que l’huissier ou le marchand de vin du coinde la rue, est commune aux deux sexes; sans doute, l’armée des diffamateurs, descalomniateurs anonymes, des poètes incompris, des dramaturges sans théâtres, desromanciers sans libraires, est une chose triste à voir dans les deux camps, du côtédes hommes aussi bien que du côté des femmes, mais enlin , du côté des hommes,la chose a existé de tout temps. Notre éducation nationale est ainsi faite, que surdix jeunes gens sans patrimoine et de peu d’esprit qui, au collège, ont traduit tantbien que mal quelques pages de Cicéron , et qui cependant ne trouvent en eux-mêmes ni assez de persévérance, ni assez de zèle pour se faire avocats, médecins,soldats ou prêtres, trois de ces hommes sont destinés à devenir des rêveurs, deshommes de génie, des écrivains de poèmes épiques ou de pamphlets. De la e-darrivée la mendicité des lettres; voila comment autrefois, avant que la littératurelût devenue une profession libérale, toute main qui tenait une plume était né-cessairement une main tendue a l’aumône. Ce Colletet, dont parle Boileau , cemalheureux qui n'était pas sans esprit, et qu’on nous représente, crotté jusqu'àl’échine, cherchant son pain de cuisine en cuisine, cet abbé Robbé dont parleVoltaire , réduit a partager le fumier de messieurs les chevaux du prince de Rohan,foutes ces plaintes amères dont sont remplies les satires de Régnier, ce sont làmuant de résultats de cette diffusion des lettres et du style, lit encore si ce n’étaitla que de la misère ! Mais c’est encore de la honte ! Toute la partie honteuse de notrehistoire littéraire a été accomplie par ces plumes faméliques ; ces plumes lénales eimal payées ont tué plus d’une bonne renommée, elles ont calomnié toutes lesgloires, elles ont flétri loutes les vertus qu’elles pouvaient atteindre, elles éiaieni•‘a effet en dehors de toutes les lois divines et humaines. La révolution de 8!l est'onue bien à temps pour donner enlin quelque débouché à ce trop-plein de la gcnlccrivaute. A dater de la liberté nouvelle, cette nation française qui, pour scs beauxe spriis, s’éiait. maintenue dans les limites, cent fois trop restreintes, du livre im-l'f’imé ou du théâtre, a créé le journal, tout exprès pour avoir chaque matin, à sonservice, une passion nouvelle, une vérité nouvelle, et aussi une calomnie nouvelle.