I.E liAS-BLEE.
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l ' ails cos endroits qu’on appelle encore des salons, les femmes sont séparées des'omîmes par une barrière infranchissable ; elles se tiennent l'a roides, immobiles,S| lencieuses: si quelque robe plus hardie vient à se mêler aux babils noirs, elle sedouve tout à coup, la malheureuse, en plein argot. Elle n’entend parler que d’ar-b ,( mt, de banque, de terrain, d'asphalte, de politique, du 4 mars, du 2!) août, du^ septembre, car, à force de voir passer et repasser au pouvoir les mêmes hommesPolitiques, comme autant de comparses de l’Opéra, on a remplacé les noms propresP® 1 ' des chiffres. Ainsi les jeunes femmes ont été tuées dans leurs travaux, les vieillesfe mmes ont été tuées dans leur espr it ; on passe à côté des jeunes femmes sans leur'•«mander : Avez-vous faim? à côté des autres sans leur dire : Quel ennui vousPresse? Et comme ce mouvement de l’éducation publique, dont nous [ral lions touta l’heure pour les hommes, a fini par se porter sur tes femmes; comme elles onte " le malheur d’apprendre à lire très-couramment; comme elles savent toutes l’or-••mgraphe, à l’heure qu’il est ; comme elles n’ont plus rien à coudre ou à broder,e * les ont eu le temps de se livrer à toutes sortes d’abominables lectures; elles ontP r <»flté, elles aussi, de ces bribes de prose et de vers qui sont dans l’air, plus faciles àtrouver que l’eau des bornes-fontaines qui ne coule qu’à certaines heures du jour ;JUs qu’à ce qu’enlin ces mêmes femmes, qui n’avaient plus pour s’occuper le travaile l’atelier ou la médisance du salon, se sont dit, un beau joui 1 : « iVtais pourquoi donc,le serions-nous pas, nous aussi, des hommes de lettres? Pourquoi n’aurions-nousP‘ ls notre part de gloire et d’argent dans l’effroyable consommation d’esprit qui se
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Pense chaque matin ? » En même temps elles calculaient les salaires des écrivainsl’autre sexe : « En voilà, disaient-elles, qui n’ont guère plus d’esprit que nouselles avaient raison); voilà des gens qui ont moins d’âme et de cœur, à coupSUr ; dont le tact est moins fin et moins délié que le nôtre, et qui gagnent, bon anllla l an, cinq à six mille francs à écrire des journaux ou des livres; qui donc nouse 111 Pêcherait de gagner cenl francs par mois tout au moins? Le soleil et les jour-" aux se lèvent chaque matin pour tout le monde. » Ainsi disant, elles se sont*P*ses à l’œuvre, elles ont fait des journaux, des romans, des nouvelles, des eomé-° s , de petits vers; elles ont entrepris tout ce qui concerne leur état nouveau, etVr aiinent, pour être justes, toutes ces choses faites par des. femmes, tout ce futilec, Htrant de la prose et de la poésie de chaque jour, n’étaient [tas plus mal tournées,' >as Plus mal écrites, pas plus molles et diffuses que les invenlious des grands écri-Va ' lls masculins de ce temps-ci.
e||^' US * es t uce la corporation des femmes de lettres ; bientôt à force de hardiesses,t i ts 0llt trouvé qu’il était plus facile d’écrire un livre que de jouer du piano ou de" u le comptoir d’un calé; elles ont trouvé surtout que cela était plus amusant.
,l0 i donc, se poser en victime de la société, se montrer à tout venant comme leI n yr persécuté du mariage; crier à l’injustice toutes les fois qu’il s’agit des loisI es P ar les hommes ; demander incessamjnent pourquoi donc les femmes n’auraient<à. S le 'l’êlee membres de la Chambre des députés, lieutenants-colonels, gérantsHij J ° UrUa,,x 1,1 cul '« s de Saint-Sulpice ou de Saint-Koch? Passer en revue avec un soin"'dieux toutes les phases de l'adultère, el s’arranger si bien nue les lecteurs