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LE ISA S-ItL K U.
« Angélina, mon rêve idéal, l’extase poétique de mes l*eatix jours. 1 ...»
Au bout de la quinzaine, la dame, fière et superbe, revient chez le directein •« Mes 25 francs, lui dit-elle, ou mon drame?— Voici votre drame, » lui dit rai' 11 '*'lit la malheureuse entreprend un nouveau chef-d’œuvre le lendemain.
Sa voisine , en littérature s’entend, est une petite femme proprette, dont l ;!robe noire est sans reproche; ses cheveux sont bien nets et bien lisses ; elle a desmanchettes passées a l’empois; elle n’a pas de mouchoir de poche, parce qu’elle n®se mouche jamais : seulement, aux moments d’enthousiasme, vous entendez un | ,c "lit reniflement qui veut dire :« Voilà l’inspiralion !» Cette dame n’est pasjoü e 'mais elle ne l’a jamais été ; elle est née à quarante ans, et elle y reste tant bien fl 118mal; elle est sèche, roide, étroite des épaules : c’est une planche dépravée qui éerdet qui pense. Notre petite dame est hautaine et lière, elle regarde les coméd' ellScomme des pas grand’chose , et les comédiennes comme bien peu. Elle a reçu des p' in 'cipes sévères dans sa jeunesse, et elle les mot à profil; aussi a -t-elle entrepris le roffl» 11d’éducation, à l’exemple de cetle vertueuse madame de Genlis. Adèle et Théodore es'pour cette petite dame le chef-d’œuvre du genre; ses romans sont presque tous des ï<>'nians par lettres : Fétide à Julie, Ernest à l‘rosper. Félicie raconté à Julie le sexe desplantes, les amours de l’éléphant, l’accouplement des animaux, la reproduction despoissons et autres mystères de la nature. C’est un sujet tout nouveau que notre a"'leur a trouvé là. Ernest raconte à Prosperses premières dettes, son premier duel. s °"premier cheval, sa première grisel te : c’est le roman de mœurs uni au roman d’h’S'toire naturelle, c’est un plat d’épinardsau réséda et aux oignons, c’est une salade 811coquelicot saturé d’ail. « Cela produira un bon effet, dit la dame à son éditeur;à mon livre, les jeunes tilles seront initiées à tous les mystères de la génération, et ,<lSjeunes gens à tous les dangers qui les attendent dans les hôtels garnis de la rue Sain 1 'Jacques et dans les boisde Montmorency. » L’éditeur qui écoule la dame est un hou" 11 ®chauve, légèrement bossu, qui a eu quelques démêlés avec la justice dans sa j c "'nesse, et qui a entrepris le roman d’éducation parce qu’il n’avait pas assez de fn"‘ lspour . ' "er le roman échevelé. Cet éditeur a les mains peu lavées, il sentde-vie et le tabac; il sort évidemment de l’estaminet voisin. « Ma chère dame, dd'_d’un air rogne, je n’ai pas grande idée de votre histoire de la génération ; so»h ,ei!me gazer tout cela. Et combien me vendrez-vous cette drogue ? » A ce mot de dro-U' 8 ’la femme pince ses lèvres jusqu’au sang, elle se frapperait la poitrine si elle en a v *'mie. « Monsieur, dit-elle d’un air imposant, je vous avertis que vous n’aurez C'-en nouveau volume à moins de \ 00 francs et 10 francs pour ma femme de mena? ■c’est à prendre ou à laisser. » Là-dessus un débat s’engage, l’homme se lève et
semblant, de quitter la place, il se rassied ; à la fin on tombe d’accord. La femme
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nage aura 5 francs au prochain volume, ce volume se payera ainsi qu ’il suit : 73 f' ;1 " gen Irois payements. « Ayez soin seulement, dit l’éditeur, de parler du roi de l’ 1 ’ 11 ^dans votre livre; j’ai une petite lithographie de Frédéric II qui fera bien au l'i’ 1 ’" 1 "'pice. Pour les culs-de-lampe, vous les connaissez, une tête de mort, des alx*' 1 "’^des oranges et une lyre. Cela fera un joli petit ouvrage pour le jour de l’an. ^au litre, il faut appeler notre livre : — cherchons plutôt : les Veillées de (« ,nt "