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Tome cinquieme.
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LE BAS-BLEU.

trouve que ce nom-l'a est un des grands noms de notre histoire. Ce nom se rattache àdes batailles gagnées, 'a des lois discutées en plein sénat, à toutes sortes de souve-nirs de fortune, d’élégance et de pouvoir. Oh! la malheureuse, que fait-elle doncen ce lieu, qui est un mauvais lieu pour elle? Pourquoi donc vient-elle affronterdes discours de mousquetaires pris de vin? pourquoi vient-elle, délicate et joliecomme elle l’est, s’exposer à cette âcre fumée qui lui soulève le cœur? Mon Di eU !c’est tout simple : cette jeune fille veut écrire un roman échevelé, elle veut savoircomment sont faits des hommes qui jurent, qui boivent et qui racontent toutessortes d’obscénités; elle n’est pas fâchée de voir de près la prostituée de la borne,d’entendre l’argot délirant de la rue du llelder, de savoir ce que cache cette ga zetransparente et cette robe froissée? Ainsi la malheureuse enfant tue 'a plaisir, dansle fol intérêt d’un ignoble roman à écrire, ses jeunes et honnêtes années; e 11 *’accepte la contemplation du vice, comme si déjà ce n’était plus le vice; elle se pet' 1 *sans joie, sans profit, sans honneur, sans amour ; elle se perd de la plus triste faǰ"dont puisse se perdre une femme, car elle n’a pour sa part que la vapeur de ce vin,que la fumée de ce tabac, que le bruit effronté de ces baisers ; et tous ces sacrifice’ 8 ’toutes ces misères, toutes ces hontes virginales, pour aboutir à quelque récit af-freux, où rien ne doit se montrer de cette jeune fille anéantie, perdue, indignementgaspillée, à qui la littérature et la poésie ôtent même la retenue et le bon sens. Ai» 8 'donc ni son esprit, ni sa bonne grâce, ni sa belle humeur,ni sa gentillesse, ni s0 "limpide regard, ni cet air de bonne maison qui ne l’abandonne même pas dans !® 8repaires où elle passe sa vie a étudier son art, ne sauraient la protéger contrecelte abominable manie. Je l’ai entendue, moi qui vous parle, réciter d’une vol*pleine d’harmonie et de doueeur, avec le regard des anges dans le ciel, une ahfreuse histoire où il s’agissait de la fille d’un grand seigneur enlevée par le valet d"bourreau, et ce valet de bourreau faisait un enfant à cette jeune fille sur la mêmeguillotine du haut de laquelle la tête de son père venait de rouler ! O honte et exe-cration sur cette passion littéraire qui pousse à de pareils excès des âmes bien nées— Mais, malheureuse enfant ! si en effet le pain vous manque, si en effet vousvoulez voir de près toutes sortes de cicatrices et de plaies hideuses, s’il vous fe uttoucher de vos mains des ulcères et des pustules, faites donc comme aurait fa ' 1

,risons,

votre jeune aïeule en pareil cas : entrez dans les hôpitaux, entrez dans les p

allez demander à la Pitié, à la Charité, a /’ Hôtel-Dieu, votre part de gloire

cl>as tcest faiù

et pure dans ces champs de la douleur, de la maladie et de la mort. — C’ensanctifiez votre pauvreté et votre abandon, couvrez les morts de leur linceul, la vCi!(es cadavres qui vivent encore, recueillez les lamentations, les blasphèmes et ^soupirs qui s’exhalent de toutes ces pourritures, et soudain vous verrez toutes ceSinfamies se changer en louanges. Ce qui fait l’opprobre de la femme de lettre 8 Je 'viendra la palme éternelle de la sœur de charité.

Puisque je suis à raconter, j’ai une autre histoire que je dis bien souvent,

et q llC

voici

Nous étions un jour réunis dans le foyer d’un théâtre royal, autour d’une tablecouverte d’un tapis vert , où nous représentions un

rc-

ealre royal, autour cl une ^comité de lecture; notre pré 81