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Tome cinquieme.
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LE BAS-BLEU.

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scs annales; le bibliographe, tout en détournant la tête, est obligé d’inscrire I etitre de ses livres; cette femme vivra par le vice tout comme la femme lauréat detout à l’heure vivra par la vertu.

Il y a encore, en fait de bas-bleu, le bas-bleu économiste etprédicant, la femmequi veut remplacer le prêtre dans la société moderne, la femme qui s’occupe del’avenir des sociétés, elle qui visite les prisons, les malades, les hôpitaux, portantsous son bras, non pas un morceau de pain, mais un petit livre. Les malheureux,plongés dans les misères de la prison, sans feu, sans pain, sans consolation, accroupidans ces sombres corridors où rien ne vient sinon le bruit de clefs et le blasphème-voient soudain arriver une femme dans le funeste préau ; ils courent a elle le*bras tendus et l’espérance dans le cœur : « O ma sœur! que vous venez bien apropos pour panser les blessures de notre âme et les blessures de notre corps; sansdoute vous avez vu notre femme et nos enfants qui nous pleurent, sans doutevous nous apportez quelque nouvelle du dehors, sans doute vous êtes bonne et bien-veillante comme les sœurs de charité qui nous aimaient tant quand nous étions p e 'tits; soyez la bienvenue, ma sœur! » — Messieurs, dit la sœur d’un air grave,jeviens ici non pas pour vous consoler, mais pour vous éclairer; je n’ai pas missionpour soulager vos misères, mais bien pour les enregistrer dans un livre que I etiens en partie double. J’ai parcouru les deux continents, j’ai visité toutes les p rl "sons de l’Europe , et je viens de bien loin pour vous dire que vous ne serez m°"ralisés que par le système cellulaire. J’espère qu’avant peu l’on vous bâtira desprisons toutes neuves où chacun de vous aura sa petite chambre et son petit ja r "din; ayez donc patience et confiance dans notre philanthropie. En attendant, Ü seZces petits livres que j’ai composés tout exprès pour votre éducation morale. » Cefldit, noire philanthrope consigne dans son petit album toutes sortes d’observationscurieuses : les prisons de France sont bien fermées, — les prisonniers sont ma*nourris et mal vêtus, — on ne fait rien pour les moraliser, — nécessité de modi'fier le système pénitentiaire,—et autres balivernes insupportables que ces damescolportent d’un bout du monde à l’autre. Mon Dieu ! une larme séchée dans lesyeux d’un pauvre diable, une consolation versée dans une âme en peine, un P el1de charité, tout simplement comme l’enseigne l’Évangile, vaudraient cent fois mie* 1 *que les élucubrations philanthropiques de ces affreux bas-bleus qui composent dessermons pour les hôpitaux et pour les prisons, tout comme d’autres composent despièces de vers et des romans.

Mais en voici bien d’une autre couleur. Prêtez l’oreille ! A coup sûr, il se p asStquelque chose d’étrauge dans le faubourg Saint-Germain; il n’est pas huit heures dusoir encore, et déjà cette noble maison que vous voyez se dessiner lourdement à l’angl cde la rue s’est barricadée à l’intérieur; dans cette maison où la causerie politifi l,e ellittéraire est la très-bien venue chaque soir, que peut-il donc se passer ce soir? Apeine si quelques rares voitures ont pu pénétrer comme en cachette; contre le mUGet enveloppés dans leur manteau, je vois passer les plus grands seigneurs de Iapensée: M. de Chateaubriand, le premier, frappe un petit coup modeste a cette p 01 ' 1 *;rebelle, et il faut que M. de Chateaubriand dise son nom avant que la porte m 1