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Tome cinquieme.
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L K BAS-HL EU.

étaient tendues de toutes parts; elle était arrivée à Paris , dans la rotonde d’unediligence, que dis-je? portée sur un poërne. A peine entrée dans le gouffre, soudaintoutes les portes s’étaient ouvertes devant la jeune inspirée; autour d’elle s’élaiei ' 1pressés les oisifs des salons parisiens; on voulait l’applaudir, on voulait l’entendre, o"voulait la voir; elle alors, pleine de confiance et d’espoir, elle avait obéi le mieux dumonde a cet enthousiasme, elle s’était confiée, l’innocente! a ce délire ; elle s’était ddque tous ces gens-la qui l’appelaient : Mon poète ! ne laisseraient pas mourir de fa ' 111leur poète, et pendant tout un effroyable hiver elle avait supporté, sans se plaindre;la plus épouvantable misère. Quel contraste! Elle passait sa journée dans un greiiieiouvert h tous les vents, elle passait ses nuits dans les plus riches salons du gi ' al1monde parisien ; elle manquaitde pain chez elle, elle n’avait pas de bouillon, et chezles autres elle vivait d’orgeat, de biscuits et de glaces; l’argent avec lequel ellc elltacheté une bonne robe de laine qui l’eût réchauffée lui servait à payer des robes degaze qui laissaient il nu ses bras et ses épaules. Ainsi se passa ce premier hiver ; vit * 1le printemps. Comme le monde savait déjà tous les beaux airs de ce pauvre oise al1chanteur, le monde l’eut bien vite oubliée; toutes les portes se refermèrent sondain sur cette pauvre muse qui n’amusait plus personne; on avait reçu le p°® tcavec joie, on eut peur de la jeune fille qui n’avait plus une robe à mettre, ni 1111vers nouveau à réciter. La mode l’avait acceptée, la mode la rejeta, et alors elleobligée, pour vivre, d’enseigner la grammaire dans les loges des portiers; elle avadfui loin de la vie bourgeoise, elle tombait dans les mœurs abjectes; des gra' 1 ^seigneurs qui l’appelaient leur amie, elle était tombée entre les mains des dam®*de la halle qui la payaient pour élever leurs demoiselles; elle était venue p° ulfaire le poème épique qui manque à la France , elle faisait des bouquets à Chlorépour les Chloris des marchands de nouveautés. Cependant son âme s’était bris® e >son cœur s’était déchiré, ses yeux n’avaient plus que des larmes, sa poitrine i> <vait plus que du sang, l’horrible maigreur s’était étendue peu il peu sur celle jeunefille si riante... elle mourut à son second hiver. Elle mourut sans avoir eu d’ant |Caumône que l’aumône royale de M. de Chateaubriand, qui accompagna son

cet'

cueil jusqu’à la fosse commune, où reposent tant de poètes. Certes, on ne dira P aque ce soit là encore une histoire inventée à plaisir.

Mais revenons à notre jeune fille de tout à l’heure. Nous l’avons laissée dans le Pmier enivrement poétique; ses vers sont là, devant elle, tout nouvellement écln®^sa tôle et de son cœur; elle se regarde, elle s’admire, elle se trouve belle et grande; ^ressemble à l’enfant qui s’est blessé en jouant avec le sabre de son oncle le capnet qui ne pleure pas cependant, parce qu’il a joué avec un vrai sabre. En même tudans la petite ville qu’elle habile, parmi tous les amis de son père, le bruit sepand qu’un poète leur est né. Le père, faible et bon, la mère, ignorante et devpartagent les premiers l’enthousiasme général ; à l’instant môme, l’enfant n’est Iune enfant, c’est une femme, que dis-je? c’est un poète. Soudain, on l ’ el1 ^d’admirations et d’éloges, on répète ses bons mots, on apprend par cœur scs Isies fugitives. L’Académie du lieu, ces tristes boutiques de l’esprit du derniei ot^où toutes sortes de braves gens peu lettrés s’amusent ii parodier les <l l, atn