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Tome cinquieme.
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LE BAS-BLEU.

de tous les efforts de l’esprit; aux femmes doivent commencer, à elles seulesdoivent revenir toute l’émotion de la poésie, tout l’intérêt de la fiction, tout lecharme et toute la puissance de la vérité écrite ou parlée. Sans les femmes, P aS

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de succès possible dans les arts; sans elles, nos juges bienveillants et dévoués,poète n’a plus de douces rêveries, le romancier plus de fictions amoureuses, l’l |is 'torien lui-même, fatigué de parler sans fin et sans cesse à des hommes, perd unegrande partie de sa grâce et de sa toute-puissance. C’est donc justement parce qu cll essont assises aux premières places de ce vaste champ clos du génie humain, que l esfemmes ne doivent pas être admises à le parcourir ; ce n’est pas celui qui décernela palme qui doit y prétendre; ce n'est pas celui qui a fondé le prix qui peut êtrejamais le bienvenu à le disputer. Sans nul doute, on peut citer de grandsécrivains parmi les femmes, comme on peut citer de grands monarques;qui n’empêche pas la loi salique d’avoir sauvé plus d’une fois la monarchiefrançaise. Ceci dit, nous ferons plus : dans cette affreuse et pénible mêlée dela littérature féminine, nous entourerons de toutes sortes de respects et dadmiration les convictions sérieuses, les talents bien appris, le style qui éclate p ,,,ssant et fort, la vie laborieuse, calme et réglée. Nous en connaissons de ces femni eSdont le nom seul est un éloge; celle-ci qui a chanté, dans des vers pleins de charme,plus tendre passion de son cœur; celle-là qui a été la providence de sa famille, fi 111a élevé ses enfants avec les vers qu’elle murmurait â leur berceau ; cette autre,mère éplorée qui, sur la tombe de ses deux enfants, célèbre sa douleur avec lep' uaharmonieux et le plus poétique des sanglots; et celle-là grand musicien et g ralpoète qui chante d’une divine façon les douleurs de son âme ; et celle-là aussi, belle»éloquente, inspirée, qui a parcouru sans un faux pas cette difficile carrière des le*très; mais celles-là se cachent, elles se devinent; toute leur vie est dans leur sofranco ou dans leur travail. Jamais, à les voir occupées du travail domestique de ch®que jour, entourées d’enfants jaseurs, garde-malades d’un père infirme, lutt® ntcourageusement contre tous les obstacles puérils ou terribles de la vie, jamais vousne vous douteriez quece sont là des poêles; or, voilà justement les poètes que je r eSpecle, voilà les poètes que j’aime ; celles-là rougissent de leur gloire, comme d’aut reSrougissent de leur obscurité douteuse; celles-là rougiraient de courir après I® rtnommée comme fait la prostituée du carrefour après l’homme ivre qui p® sS ®celles-là, elles obéissent à une vocation. Laissez-les chanter, laissez-les dire,cependant, si vous voulez les consulter, ces nobles femmes, si leurs indignes co11frères féminins avaient la sagesse de leur demander les conseils qu’elles ne refuse 1 ^à personne, soudain vous verriez nos honnêtes et chastes poêles, prenant dans edeux mains ces autres mains noircies par la calomnie et par l’encre, leu 1 'à peu près ce langage : « O pauvres femmes que vous êtes ! pauvres femmes qnous plaignons ! prenez garde à cette passion que vous avez pour l’écriture ; P reI1 ^garde à ce sentier dans lequel vous entrez, il est semé de ronces, d’épines etprécipices de tous genres. Vous nous demandez conseil, à nous autres, pourq ul ^poésie n’a été que secours et douceur, considération et respect? eh bien! nousvdirons que. lotit calculé, même pour les femmes qui réussissent le mieux

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