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Tome cinquieme.
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LE BAS-BLEU.

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Pour celles que le monde protège de ses admirations et de ses respects, la littératureest encore le plus trisle des calculs ; dès qu’une femme est un poète, elle n’est plusUne femme : elle peut, il est vrai, rester une mère, mais sitôt que la poésie se^'isse dans une maison, comme fait le serpent, adieu la gloire, le repos, et, tropsouvent, la considération du mari ; adieu l’amitié des voisins, adieu la bonhomie^ la famille, adieu les chères causeries du toit domestique. C’en est fait, par jelle sais quel entraînement irrésistible, autour de la femme qui écrit, même en ca-c ' le Ue, même dans le silence des nuits, à la clarté incertaine de la lampe, quandlo »t dort autour d’elle, autour de cette femme, tout est moins vrai, moins naïf,ni °ins simple; l’atmosphère dans laquelle nous vivons n’est plus le môme; notrean 'ie la plus intime nous aborde avec défiance; les gens qui nous servent ontPeur (] e nous; nous passons, sans le vouloir, sans le savoir, à l'état de prodige.^ qui dit un prodige, dit en même temps une malheureuse créature à qui l’on11e Passe ni un geste, ni un mot hasardé, ni un regard, de sorte que peu à peu,bonnes femmes que nous étions, simples et calmes, nous devenons des comé-diennes sur un théâtre. La tache d’encre est pour nous comme est la tache deSail g sur les mains de Macbeth; toujours du sang, toujours de l’encre! Et d’ailleursCest si triste de n’avoir pas une pensée a soi! pas une douleur, pas un battementlJe l’âme ou du cœur, qu’on ne soit tenté de les jeter dans un livre! C’est si triste

de

s’isoler sans fin et sans cesse du monde réel, et de se dire à soi-même, quand

0,1 écrit même les pages que l’on trouve les plus belles : Je ferais mieux d’alleri’aiser mon enfant qui dort ou consoler mon mari qui se fatigue a gagner le pain dea * la que jour; je ferais mieux, mon Dieu , d’être tout simplement une bonne femme !re Hez garde, ô mes sœurs, à ces tristes remords, plus on a de gloire et plus ils

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eut cuisants et cruels. A nous autres, pauvres femmes, Dieu ne nous a pas°nné l’esprit et la poésie pour que nous dépensions au dehors ces dons si précieuxS| rares. L’esprit et la poésie, quand ils nous viennent, appartiennent à la, ils ne doivent pas dépasser le foyer domestique; c’est la lampe qui brille,

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est la branche du hêtre qui jette son feu dansl’âtre immense; c’est l’oiseau privé qui'^nte dans sa cage, c’est le bonjour de chaque matin, c’est la bénédiction de cha-soir. Oui, croyez-nous, pauvres femmes, c’est ainsi qu’il est permis aux femmesêtre des poètes, voilà comment elles ont le droit de rêver et de chanter : toutCe d’elles jeltcutdans un livre, tout ce qu’elles donnent au public, c’est un vol^ e Hes font au bonheur domestique. »

A 'nsi parleraient toutes ces honnêtes femmes, à qui la poésie est venue commeclla nt vient à l’oiseau. Ainsi elles expliqueraient par une passion irrésistible,c °mm

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Pas

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s’explique la galanterie ou le jeu, cette étrange passion de la prose ou du’> mais vous comprenez bien que les femmes perdues de la littérature n’irontconsulter ces honnêtes femmes-là. Au contraire, elles leur portent envie, ellesac eablent de calomnies et de médisances : elles se demandent pourquoi doncp ( ^ es ~ci sont entourées d’hommages, pendant qu’elles-mêmes sont délaissées;aut U °* * eS Ulles renconlrent tant (le ' ccteurs et de sympathies, pendant que lesres ont à peine un nom dans la foule. Ainsi la sagesse des premières et leur cxpé-

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