LE BAS-BLEU.
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d’hommages mérités. Elus d’un honnête homme d’esprit devient i’ami de cettetomme; il lui conlie ses chagrins, ses espérances; il met à ses pieds ses triomphes,s es défaites ; elle partage ainsi, sans en avoir les fatigues, toutes les émotions de lav ie littéraire, toutes ses joies, toutes ses douleurs. La vie se passe ainsi, non pas àmédire, mais a Lien dire; non pas dans les petites calomnies de chaque jour, maisdans les productions de l’esprit de chaque jour. Aces heureuses communicationsde l’intelligence, l’âme s’élève, l’esprit y gagne une grande estime pour lui-même,la vieillesse s’arrête comme saisie de respect ; la vieillesse eût emporté cette femmeau milieu des tourbillons du monde, au milieu des passions ameutées, la vieillesses’arrête devant cette femme, la trouvant doucement assise entre des amis qui la res-pectent et qui l’aiment. D’ailleurs, on ne reste pas toujours aux temps modernes,tous les temps se tiennent par une chaîne que rien ne peut briser. De M. de Lamar-•ine il est facile de remonter à La Fontaine; de M. de Chateaubriand à Bossuet latransition est des plus simples. Voilà comment on a franchi bien vite l’abîme qui•tous sépare du dix-septième siècle. Certes, pour rester toute sa vie en contempla-tion devant les beaux esprits de ce siècle, ce ne serait guère.la peine de passer say te a aimer les belles-lettres et les beaux-arts. On serait bien vile au bout de son en-thousiasme. Mais celte passion des beaux-arts a cela de salutaire, qu’elle Unit tou-jours par arriver à être quelque chose de sensé et de vrai. Vous commencez paradmirer les beaux esprits de ce temps-ci, vous Unissez par prendre au sérieux tout1 esprit que nous avons eu autrefois. Peut-être avec moins de bon sens, eussiez-v °us été la plus charmante des femmes frivoles, vous vous trouvez, sans le savoir,u ue femme sérieuse et sage, car tout autourde vous vous entendez répéter incessain-toent, non pas : C’est un bel esprit, mais : C’est un bon esprit. Les Batteurs qui vousdisent : Pourquoi donc ne faites-vous pas un livre? soudain vous les mettez a laPorte pour ne jamais les revoir. En même temps, les pauvres artistes qui gémis-sent, qui attendent la gloire,les écrivains qui l’ont obtenue, toutes ces pauvres âmesei1 peine, à qui cela coûte si fort de mettre au dehors ce qu’elles renferment, vien-nent se conlier à cet honnête bas-bleu qui est leur patronne et leur providence.Vous vivriez cent ans que vous ne trouveriez pas un homme de lettres allant eornp-tor sa peine a une femme de sa profession. Pour l’homme qui écrit, la lemme'lui écrit est un animal qui n’a pas de sexe; ce n’est plus une femme, ce n’est pasu n homme.
Quæ est homo?....
c °nime dit Térence.
finissons tous ces portraits par le portrait du bas-bleu accompli, du bas-bleuc °'Ume je l’entends.
Vous connaissez tous, dans uu quartier retiré du faubourg Saint-Germain, dansUlle pieuse maison, toute remplie de méditations et de prières, l’honnête et admi-toble bas-bleu, qui est venu demander à ces murs solitaires, le calme, la solitude et* e repos ; cette femme, dont chacun sait le nom, pour peu qu’on soit le pauvre de
rue ou un homme de génie, celte femme sera à tout jamais un impérissable