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Tome cinquieme.
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LE BAS-bu: U.

exemple du dévouement, comme il en faut à ces êtres nerveux et malades que 1 onappelle des hommes de génie. Elle était jeune et charmante, et recherchée; elleétait belle entre (ouïes les belles personnes de son temps; rien n’était plus élo-quent que son silence, si ce n’est son sourire; toute louange lui était facile, touterenommée était h ses pieds; elle avait vu, elle savait par cœur toutes les sommitésdu monde. Qu'a-t-elle fait de tous ces biens, de tout cet esprit, de toute cettebeauté? Elle a renoncé h tous les bruits qu’elle pouvait faire par elle-même,elle n’a pas songé un seul instant à la gloire que pouvait lui donner son es-prit ; elle s’est fait un rôle cent fois plus beau, elle s’est attachée dame et decœur au roi littéraire de cette époque, elle a compris que s’il restait seul e "ce monde, ce grand homme serait perdu; elle s’est dit a elle-même qu’il falla' 1quelque main amie pour soutenir le fardeau de celte illustre destinée. Bien ne 1 adécouragée dans cette vie d’abnégation et de dévouement qu’elle s’est choisie. Lebéros qu’elle avait adopté, elle l’a suivi dans toutes ses fortunes; elle applaudissaitde loin aux travaux de son éloquence, au grand bruit que faisait sa pensée ; ellesavait chaque jour ce qu’il agitait, au congrès, dans les ambassades, à la chambredes pairs , au ministère, où il ne faisait que passer comme l’étoile qui tombe enéclairant les côtés nuageux du ciel. C’étaient la les beaux jours de cette femme,puis sont venus les sombres journées, les défaites soudaines, les revers et mêmela prison; et alors il fallait la voir attentive, secourable, forte. Cette vie-l'a étaitsa vie, cette triste fortune était sa fortune, cette pensée sublime était sa pensee,depuis trente ans déjà cette femme poursuit son œuvre commencée, elle est le cou-rage de cet homme, elle est sa consolation, elle est son espérance, disons pl° s >elle est une partie de son génie. On ne l’entend guère parler, on la voit peu sou-rire; quand elle sort elle s’enveloppe d’un grand voile qui la couvre tout entière,mais on la pressent, on la devine, on entend un petit murmure, on voit passerune ombre diaphane, et l’on se dit : C’est elle à coup sûr ! Soudain on voit grandirderrière celte blanche épaule de grands yeux noirs, un vaste front, des cheveu»blanchis et brûlés par la pensée. C’est lui ! se dit-on à coup sûr; et l’on s’inclinedevant lui et devant elle I Elle et lui ils sont inséparables désormais dans la reconnaissance du temps présent, dans les respects de l’avenir. On raconte d’un sta ^tuaire grec, qu’après avoir fait un beau marbre de la Minerve, il écrivit sur l’épaul® 1la déesse le nom d’un ami qu’il avait; la mémoire de cet homme sera pour cette fentm®une autre épaule de Minerve, et c’est ainsi qu’ils entreront ensemble dans la me®®gloire. Mais elle, dans son dévouement, elle n’a jamais songé à l’avenir, elle a

dévouée parce que son instinct et son admiration l’y poussaient; elle a aime

de to llt

son cœur, non pas l'homme, mais son génie ; à un écrivain pareil on ne devait i' elmoins que la gloire et le bonheur. L’Europe s’est chargée de sa gloire, la fe®® edont je parle s’est chargée du reste ; c’était la tâche la plus difficile, demandez-lu*-D’où il suit, pour conclure, que ce mot, bas-bleu, est un de ces mots à dou 1sens qui contiennent le plus grand crime et le plus noble dévouement de ce sic®!®Cela peut se dire d’Henriette Wilson et de madame Lafarge ; cela peut se dire ^l’âme bienfaisante et modeste de l’Abbaye-aux-Bois. Cette aventurière en lia'