Band 
Tome cinquieme.
Seite
231
JPEG-Download
 

LE BAS-BLEl'. 2ô I

lui écrit et vend des livres, parce qu’elle n’a plus rien à vendre et plus rien 'a fairede son corps, est un lias-bleu ; cette femme belle, noble et riche, qui aime les livresf'omme les femmes de son âge aiment les modes nouvelles, est un bas-bleu ; évitezcelle-ci comme vous éviteriez la peste ou la famine, recherchez celle-là comme onRecherche la probité et la bienveillance; l’une est l’opprobre, non-seulement de sons cxe, mais l’opprobre de quiconque tient une plume; l’autre est l’honneur et larécompense des plus beaux génies, des plus rares esprits. Si elle eût vécu au tempsdu Tasse, de Cervantes ou de Camoëns , elle eût sauvé le Tasse. Cervantes et Ca-•noëns; il faut espérer qu’à l’aide de ces indications, vous, jeune homme, qui entrezdans la vie, et. vous, madame, qui n’êtes pas prête à en sortir, vous saurez recon-"aître à des différences si tranchées les êtres dont je vous parle. Hérodote raconte‘lu’il y avait autrefois des femmes dont toute l’occupation était la guerre, et quiavaient réduit les hommes au rôle de domestiques; ces femmes turbulentes, agitées,'dolentes, ne ressemblent pas mal au bas-bleu de la pire espèce; seulement cellesdont parle Hérodote étaient plus honnêtes, ce me semble, car pour être facile-’nent reconnues, elles avaient pour habitude de se couper la mamelle gauche.

Mais, hélas ! combien de nos amazones littéraires qui n’auraient rien à couper ?

J Janin.

. V,

"T

SW"

VI..

h

' .

w

-I

'ïitl