I.A BELLE-MERK.
pour son fils, et puis jnloiisissiinc do son autorité qu’elle rend tyrannique, pi' 1 ’ 1 ' 1 'qn elle la sent s’échapper. Puis l’humeur, cet autre infaillible moyen d’êlre redou-tée, s’empare d’elle; elle en veut a sa belle-fille d’être jeune, d’être jolie, d’êlr"parée, de plaire, et d’être appelée madame une telle la jeune, ce qui ne lui lai ?srplus il elle, naguère encore assez triomphante, aucun espoir d’éviter le nom le pl ,,slugubre qu’une femme puisse porler, nom si déplorable que pour rien au mondenous n’aurions la férocité de l’écrire ici.
Dans les petits ménages, la belle-mère garde les enfants, a soin du linge, fai! ,f?provisions et surveille la cuisine, pendant que madame une telle la jeune ( loujou rsce cruel contraste la jeune) lit un roman, va au bal, et se pavane dans ses joli?*robes. La mère est quelquefois une bonne femme qui se complaît assez dans sa sur-intendance et y vit en paix; mais, s’il n’en est pas ainsi, il faut l’entendre gromme-ler: « Ces jeunes femmes sont sans soins et sans soucis de rien; elles laissent laleurs enfants, leur ménage, ne savent s’occuper à rien d’utile, et dépensent plus e"six mois que leur mari ne gagne dans une année. Voilà mon fils bien heure"*d’avoir épousé une mijaurée qui lit des romans et fail les beaux bras dans un salo"Elle le ruine. Mais j’ai beau dire, il est content, et dit que c’est qu elle est hic"élevée. Bien élevée! bien élevée! à la bonne heure, mais si nous avions faitaius*dans notre jeunesse, auraient-ils trouvé du bien tout amassé à pouvoir dissiperparties, en bals, en spectacles et partout? »
Or la bonne femme cependant a en son temps tout comme une autre, et trer'K’ans auparavant, sa belle-mère disait sur elle précisément ce qu’elle-même dit sur s"bru, car les modes changent, les empires croulent ; mais les hommes, les femmes etsurtout les belles-mères et les brus sont et seront toujours les mêmes.
Dans la haute classe, la belle-mère et la belle-fille sont plus séparées, mais "’e"vivent pas plus en paix. Elles élèvent autel contre autel ; leurs sociétés se divise" 1,chacune a ses partisans. On ne se querelle point, on est de trop bon goût p 0 " 1cela ; mais on est froide, on échange des mots piquants, on se boude. L’une pr eI,<lson tils à partie, l’autre emploie toute l’éloquence de ses lèvres vermeilles et de sc sbeaux yeux à se faire donner raison par son mari C’est un guêpier dont le pa" vr( ’homme ne sait comment sortir. La belle-mère veutdominer, c’est vrai, elle a tort; eP ‘est exigeante peut-être, mais aussi que voulez-vous? elle voudrait donner de son e*P fricnec à sa belle-fille, bien étourdie et un peu légère. La belle-fille, de son côté,fait cas que de la mode, et les préceptes de sa belle-mère lui semblent suran"" 5.Elle veut monter à cheval, aller à toutes les chasses, à toutes les courses, P arier ’courir, fumer, devenir lionne enfin. Quel mal y a-t-il à tout cela? Rien n’est p' 11 "
innocent. en commençant. La belle - mère ne voit pourtant tout ceci qu’ aVe ^
peine, elle fait quelques représentations qu’on se garde bien d’écouter, puis ell"-fàche. Mon Dieu ! qu’elle est ridicule cette femme ! elle ne veut pas que sa bell"'* 1soit trop à la mode; elle la trouve plus jolie et plus attrayante en robe de soie qu’^ 1habit de cheval, elle n’aime point à la voir fumer deux ou trois cigares par )°elle dit que cela gâte les dents, que cela enlaidit et ôte toute la poésie d’une fei»" 1 ^Quelle pédanterie! comme s’il s’agissait de la poésie d’une femme dans ce l" ,np! '