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Tome cinquieme.
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LE TAILLEUR.

2 - 1 .)

C0| mne les (lois irrités devant Neptune, c’est lui qui prononce le quos ego, et tout'entre dans le devoir.

Le tailleur militaire, qui va parfois se récréer au spectacle, affectionne particulic-'enient le Cirque-Olympique . La, en effet, il retrouve une vaste Odyssée de désas-tres et de costumes ; il suit le cheval de Napoléon dans la mêlée ; il admire le jeu cluniformes des acteurs. En se retirant, il a l’œil humide et chante à voix basse, enfas ani la boutique du marchand de galette :

Qu'ils étaient beaux jadis dans la bataille,

Ces habits bleus par la victoire usés !

beaucoup de tailleurs militaires (trop peut-être!) ont pour enseigne : Au liaiFrédéric. La prise de tabac que ce Salomon<lu Nord déverse sur son uniforme bleu àrevers rouges n’a pourtant rien de guerrier. Nous approuvons davantage l’idée d’unLtilleur de Versailles , qui s’est fait peindre une redingote (frise avec une épéeen guise de tête ; il y a au bas : A l’invincible redingote.

A son air, il sa démarche, ou à son habit, nous vous délions bien de reconnaître lePilleur civil; il ressemble il tout le monde, et n’a vraiment de signe ou d’indiceParticulier que le brisement assez sensible de ses jambes qui le font ressemblera unc °mpas tordu sur lui. Rarementil cause debout, il lui faut l’appui d’une table ou d’unfauteuil. Il est civil, très-civil, excessivement civil, surtout quand vous faites chezlui de la dépense. Il vous parle de M. le comte un tel qui a pris telle étoffe, du ducde ***

qui sort de chez lui, du temps qu’il fait, et des gilets qu’il vous faut porter.Ce jour-ci il vous reçoit en pantalon de molleton blanc, avec une veste idem; de-main ce sera en habit noir et en souliers vernis, car il mène sa lille aux Bouffes. La*'be du tailleur est pour l’ordinaire élevée en pensionnaire de madame Cantpau : ellea u n piano de Plcyel, un maître h chanter du grand Opéra, ou du théâtre Italien, àfrancs le cachet, un chien épagneul de la race de King Charles, et des fleurs^ans toutes ses jardinières. Elle lit tous les romans, ceux de madame Sand en tête;e be en fait des extraits sur un album de Susse. Pervenche solitaire, cachée à tous lesre Sards de la clientèle, elle s’épanouit tristement au fond de sa chambre, maudis-sent l’humilité de sa naissance, et levant de ses doigts légers la persienne de sa chaîn-ée chaque fois que le cabriolet d’un lion, ou d’un homme titré, s’arrête devant laP°rte. Bien qu’elle ait vu Cathos et Madelon dans les Précieuses ridicules, elle tour-mente chaque jour son digne père, pour qu’au lieu de tailleur il mette sur sonenseigne le mot Taylor.

Sa mère, digne femme, qui ne ressemble pas mal a un melon sur une borne, tant1 °bésitédesa taille et celle de ses joues luttent ensemble, élève parfois sa voix glapis-Sa nte du fond de l’atelier où elle se promène, pour lui crier : Amanda, ou Alhèndis.Cette masse de chair, qui se meut difficilement, garde autour d’elle trois chats, une'mille femme de chambre et un coupeur émérite, devenu son domestique a la suiteune banqueroute. Ce garçon lui lit les premiers-Paris des journaux, le cours de lale nte etde feuilleton des théâtres: voilà plus qu’il n’en faul pour l’endormirchaque soir.