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Cependant il vous faut préciser ce nouveau terme de coupeur, qui vient d’intei-venir dans notre récit. Le coupeur est au tailleur ce qu’est le cheval anglais au t'I'bury ; il s’attelle a sa fortune et lui voue ses jambes. Les coupeurs habiles nous vien-nent ordinairement de Londres, souvent ils ne valent pas nos coupeurs français ,mais ils ont pour eux ce qu’ont les Bouffes, le bonheur de n’être point Parisiens . Apeine déballé en France par le paquebot, le coupeur anglais tranche sans façon danstous les draps, il leur donne le chique, il leur imprime sa coupe.
De là ce nom de coupeur, et de là aussi l’extravagant empire que prend bientôt
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ce personnage chez le tailleur. Il lui impose ses goûts, ses fantaisies, ses prix>tailleur est son esclave. 11 ose donner quelquefois le bras à sa femme, il chante d eSballades avec sa fdle, il coupe la parole à ses garçons : c’èst le cardinal Richelieu d®*venu roi. Il augmente les clients, il imagine des multiplications insensées, il a vraiment l’art de grouper les chiffres. Cependant le bruit s’est répandu que le tailleur untel avait un prodigieux coupeur, sa fortune est faite, il est à la mode, il songe •'s’acheter une campagne. Un soir, son coupeur chéri, son dieu, sa providence, arrivel’air serein chez lui, et lui apprend qu’il va monter une maison à son prop^compte : cela n’est qu’une ruse pour sonder le tailleur, dont le coupeur veut devenirle gendre. La demande tombe d’autant plus mal, que la lille du tailleur va épouse*incessamment un pair de France. Le patron atterré balbutie des excuses, le coupe 01sort furieux. Appelant à l’aide de sa rage les imprimés Bidant, il inonde Paris decirculaires superbes ; ces lettres apprennent aux pratiques du tailleur que son co°peur l’a quitté. C’est Fa un rude coup porté à l’industriel : le fameux *** ferme so"magasin et marie sa lille à un artiste.
Dans les établissements de tailleurs un peu haut placés, il va sans dire q° etailleur ne vient jamais chez vous (à moins que ce ne soit pour toucher sa note bd’habitude il vous envoie l’un de ses garçons avec des étoffes à choisir. Le babilce garçon vous étourdit ; les gilets qu’il fait défiler sous vos yeux ont tous les co°leurs de l’arc-en-ciel, vous finissez par en prendre un dont un ami sensédégoûte le soir même. Une des variétés les plus curieuses de ce commerce nonia<le>c’est ce que les tailleurs appellent le pantalon de demi-saison. Ce pantalon Paller, disent-ils, d’avril en octobre ; or, en avril il est trop froid, en été trop cha ’en octobre on porte du drap. 11 fait le pendant du gilet du malin, autre glu à laq> •se laissent prendre les victimes de la loquacité du tailleur. Un dandy de Paris q 01 ^se lève qu’à trois heures, comptait hier devant nous vingt-cinq gilets du ni*dans son armoire ; ils étaient tous pareils, à peu de chose près, à ceux du soir.
A Paris , où tout se rencontre, il y a des tailleurs honnêtes qui prétendent veutmoitié prix ce que leurs confrères vendent le double. Ainsi en est-il des taille° rsPalais-Royal et des divers passages de Paris . Mais ne faut-il pas que ces hono’blés industriels payent leurs loyers, et ces loyers ne sont-ils pas plus chers q° e »tout ailleurs? Les tailleurs des passages ont presque tous à leur porte un manne*]habillé, à l’instar des tailleurs de Londres ; ils ont de plus qu’eux des robe * el) .chambre ébouriffantes, dont la plus grande partie est en soie de Lyon , et qu’ ils ^dent à très-haut prix ; et.des gilets d’or et d’argent qui plaisent aux beaux deCn [, P