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Tome cinquieme.
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hlî TAILLEUR.

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Il existe a Paris des fasliionahles habillés sans bourse délier par leur tailleur, dessens nécessaires il son existence, a sa fortune : ce sont certains jeunes-premiers denos théâtres, sur lesquels le tailleur essaye à l’avance ses plus merveilleuses inno-vations. S’agit-il d’un habit hasardé, d’un gilet dangereux, ou d’un pantalon con-testable, le tailleur affuble un acteur élégant de ces modes excentriques, il devientson mannequin, son ballon d’essai. MM. tels et tels sont habillés de la sorte, sansque ces princes de théâtre payent une redevance a leur tailleur ; de son côté le lad-leur va au spectacle avec les billets de ces messieurs, et, moyennant ses habits mo-dèles, il a l’avantage de s’étaler au balcon ou aux avant-scènes. Il voit son haf» 1gesticuler, crier, tuer et chanter ; il peut se croire à bon droit le collaborateur duvaudevilliste ou du dramaturge.

Celle partie indispensable de l’art dramatique, le costume, nous amène toutnaturellement au tailleur de théâtre : c’est lui qui donne aux reines leurs robes decaractère et les travestissements aux jeunes-premières ; son ciseau gouverne tout. L ctailleur de théâtre dit de tel acteur : « C’est un bon, c’est un homme à garde-robe ; 11cela signifie : il est solvable. C’estauquel d’entre eux habillera mademoiselle Georges.à cause de l’ampleur de ses formes et de l’aunage : mademoiselle Georges ferait eueffet à elle seule la fortune d’un magasin.

Les tribulations d’un tailleur de théâtre, la veille d’une première représenta-tion, ne sauraient se rendre : ces malheureux ressemblent aux martyrs des premierssiècles. Le directeur, l’auteur, l’acteur, le figurant et le musicien, sont sur son dos-Le magasin des costumes, dont il est le chef, éprouve un bouleversement complu ’les récriminations pleuvent sur lui. L’actrice ne trouve pas assez de lés a sa robe,elle en demande huit, le nombre favori de mademoiselle Mars . 11 lui faut le coupd’œil de Napoléon pour suffire à tout; il y a des instants où il est tenté d’abdiquer-

Quand on monte une pièce de théâtre, des dessinateurs, du talent de Gavarni ou tl°Monnier, harcelés par les auteurs ou les directeurs leurs amis, se chargent conipl 111 'samment du tracé des costumes. 11 arrive rarement que leurs indications soie» 1suivies,mais celles de l’auteur le sont encore moins. Un tragédien célèbre, connu sousla restauration comme sous l’empire pour sa diction quelque peu gasconne et mata-more, fait monter le tailleur du théâtre dans sa loge le soir d’une première repi e 'sentation, et lui demande son costume du premier acte. « 11 est bien simple, 111011sieur, répond celui-ci; un manteau d’étoffe brune et un chapeau anglais à Iaf8 esbords, vous faites un prince déguisé 2 3 .—Comment! pas de croix, pas de boutons <•rubis, pas de broderies? —Voila le dessin, voyez vous-même. » Le tragédien furieuxrentre dans sa loge ; il en sort après un grand quart d’heure de toilette, plaque ‘lecordons, de bagues, d’oripeaux; il ressemblait par l’éclat au lustre de la salle- ho

1 A propos (le mmjn.nn. le directeur d'un théàire fermé à celte heure, homme ingénieux, connu P" 11 ' ^reparties qui font face à tout, disait à l'un de ses acteurs, le jour d'une première représentation : « co ' n "vous voilà accoutré, mon cher M*‘* ! on ne vous a donc pas ouvert le magasin ?» . | C

Or, il n'y avait déjà plus de magasin à son théâtre, les huissiers l’avàent saisi ; il ne lui restait •I' 18Magasin théâtral, <jni se vend 5 sous à la porte.

3 llistoi*i(|ue.